La Guerre du Feu Sombre, Partie 2

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La Guerre du Feu Sombre, Partie 2

Message  ludo sparrow le Sam 20 Juin - 19:10

Les plaines du nord de la province Senseki, Terres du Clan de la Licorne

Les premiers vents du printemps étaient rafraîchissants, mais Toko le remarquait à peine. C’était un jeune homme et ses pensées étaient remplies d’images d’autres lieux, d’autres choses qui pourraient l’occuper. C’était, ses parents et les aînés du village lui avaient fréquemment dit, un passe temps idiot, qui pouvait le distraire des devoirs qu’il devait remplir pour sa famille, son village, son clan et son Impératrice. Pour un jeune homme de 19 ans, cependant, le fait de surveiller les poneys du village qui pâturaient dans les plaines du nord était ridiculement ennuyeux et peu fascinant.

Malgré son bas lignage, Toko rêvait d’une vie de samouraï. Il savait que c’était blasphématoire, et il n’en a jamais parlé à personne, mais il savait que c’était la voie que son père aimerait qu’il emprunte. Peut-être son père avait rêvé de la même chose, ou peut-être avait-il été un ronin auparavant dans sa vie. Toko avait plusieurs fois rêvé que son père lui révélerait son héritage de samouraï, mais ça n’a jamais été le cas jusqu’à présent.

Un nuage voleta à travers le ciel, tandis que les poneys se mirent à hennir et à courir au galop vers le village. Toko sauta sur ses pieds et compta instinctivement les créatures paniquées.

Il en manquait un.

La panique qui touchait les poneys grandit également en Toko. Il n’avait jamais perdu un des poneys avant, mais il ne leur prêtait vraiment guère d’attention. C’étaient des bêtes dociles, habituées presque depuis la naissance à la routine régulière qu’ils accomplissaient chaque jour. En fait, la seule fois où ils s’étaient comportés de cette manière dont il se rappelait, c’était quand un chat des montagnes malade était descendu du nord et avait menacé le troupeau. Les hommes du village s’étaient réunis et l’avaient fait fuir à coup de lances, ce qui avait grandement amusé le magistrat Shinjo.

Un autre nuage traversa le champ, mais cette fois Toko fut tétanisé. Il se déplaçait dans le sens opposé à la première fois. Le jeune homme n’était pas le plus observateur ou le plus intelligent des jeunes du village, mais il savait que quelque chose n’allait pas. Il leva les yeux.

Toko ne pouvait plus bouger. Ses yeux s’écarquillaient de terreur comme si les légendes que ses parents lui racontaient enfant pour corriger son comportement lui revenaient en mémoire. Les légendes de terribles créatures qui descendraient du nord et le consumeraient pour ses péchés.

« Elles sont réelles, » balbutia Toko tandis que l’ombre s’abattit sur lui.


* * * * *



Mirumoto Zenko fut repoussé en arrière par la force de l’impact, la vision trouble et la bouche rempli d’un goût épais, cuivreux. Il défaillit et se rattrapa contre le mur en pierre avant de tomber, et sentit la douleur dans son corps. Il n’était pas étrange de découvrir qu’il s’agissait d’une chose simple. Zenko savait exactement ce qu’il en était.

« Commandant ! »

Le vieux guerrier écarta d’un geste son subalterne. Grimaçant, il jeta un œil aux trois projectiles plantés dans l’armure de sa poitrine. Du sang coulait de chaque point d’impact. Il coulait aussi de sa bouche.

« Tenez bon, commandant ! Je vais chercher un des shugenjas ! »

« Ne vous en donnez pas la peine, jeune homme, » dit Zenko. Parler était difficile. « Invoquer le kami fera peu pour moi maintenant. »

« Commandant, non ! Vous devez… »

« Il y a une seule chose que je doive faire maintenant, » coupa Zenko, « et c’est d’en emporter le plus possible avec moi. Allez trouver votre taisa, jeune homme. La ligne doit tenir jusqu’à ce que Kei arrive. » Sur ce, Zenko hurla, expulsant le sang de ses mâchoires serrées. Il rassembla ses forces, fit ensuite quelques petits pas et se lança sur le mur, les lames prêtes à frapper, descendant les douze marches où les rangs des guerriers Yobanjin qui assiégeaient le château attendaient.

Le gunso Mirumoto Minawa passa une main dans ses cheveux, essayant de comprendre ce qu’il venait juste de voir. Zenko avait été l’officier supérieur commandant la défense du château, de par son poste de capitaine de la garde. Une simple légion avait été affectée à la défense du château dès que la nouvelle de l’attaque des Tours Septentrionales des Flammes a commencé à circuler dans les provinces nord du Clan du Dragon. Quand l’attaque fut donnée, le commandant de la légion, le taisa de Minawa, avait été parmi les premiers à tomber. Zenko a assumé le commandement, bien que dans ses derniers moments, il semblait avoir oublié la mort du capitaine. Maintenant Minawa n’avait plus de commandant, à moins qu’il ne puisse trouver son chui et faire un rapport. Mais dans le chaos de l’attaque, cela semblait peu probable.

Minawa cria aux autres de tenir les rangs, qu’il allait trouver leur commandant et ramener les bataillons de réserves pour les relayer, il se précipita en bas, dans la cour, où la poignée de shugenjas présents dans le château tentait désespérément de soigner suffisamment les blessés pour qu’ils puissent retourner au combat. Minawa les fixa avec incrédulité pendant un moment avant qu’une touche de couleur parmi le flot terne de jaune et de vert lui attire le regard. « Hwarang ! Qu Yuan ! » Cria-t-il.


Deux jeunes samouraïs du Clan de la Licorne, portant tous deux clairement des signes de batailles sur leurs armures salement abîmées, marchaient vers lui. « Minawa ! »cria le Shinjo, étreignant l’avant-bras du Dragon comme le fait traditionnellement son clan. « Nous pensions que vous étiez tombés ! »

« Non, »dit Minawa, la voix étrangement lointaine. « Le commandant est mort. »

« Il s’est bien battu, » dit le Moto revêche avec un signe de la tête. « Les Seigneurs de la Mort accueilleront son esprit avec grand honneur. »

Durant les mois où les trois jeunes samouraïs avaient servi dans le même campement dans les terres désertes entre les provinces de leurs clans, Minawa avait été quelque peu amusé par le zèle religieux de Qu Yuan. A l’instant, il le trouva quelque peu déplacé, mais il ne pouvait pas nier que la certitude absolue du Moto apportait un peu de réconfort. Une partie de lui croyait que l’esprit de Zenko-sama trouverait enfin une grande gloire dans la vie d’outre-tombe, et est-ce que ça lui importerait si cette gloire venait des Seigneurs de la Mort ? Peut-être non. « Je suis désolé, » dit-il, sa voix semblant venir de quelqu’un d’autre. « Je ne pensais pas que mon invitation à visiter mes terres vous conduiraient à votre mort. »

Shinjo Hwarang agrippa son ami par l’épaule. « Nous ne sommes pas encore mort, mon ami. Dis mois, qui est l’officier supérieur ? »

Minawa secoua la tête. « Je ne sais pas, » admit-il. « Tous les officiers que je connais sont mort. S’il en reste, je ne sais pas où ils sont ou dans quel état ils se trouvent. »

« Alors tu dois assumer le commandement, »dit fermement Hwarang, fixant Minawa avec son regard fixe. « Tu dois être le seul à pouvoir stopper cela. Tu comprends ? La tâche doit te revenir. »

« Je… je ne suis pas… »

« Stop, » dit soudainement Qu Yuan. « Tu n’as pas le choix. Nous sommes avec toi. Quels sont vos ordres, gunso ? »

Minawa se passa la main sur le visage, rassemblant ses esprits. « Vous êtes deux bons tacticiens, » dit-il. « Vous êtes mieux placés que moi pour prendre le commandement. Cela doit vous échoir. »

« C’est une forteresse du Clan du Dragon, »dit Hwarang. « Tu es un officier du Clan du Dragon. Nous ne sommes ici que sur ton invitation. Dis-nous ce que tu requiers et cela sera fait, mais le commandement est à toi et à toi seul. »

Minawa inclina lentement la tête. « Nous… nous avons besoin de gagner du temps, » dit-il. « Je sais que Kei-sama était déjà en route quand l’attaque est survenue. Elle devrait être là dans moins d’un jour. Nous devons tenir jusque là. »

« Cela sera difficile, » répondit Hwarang. « Le château peut être défendu, mais nous sommes peu nombreux et c’est une formalité pour les assaillants de vos isoler du reste de vos terres. » Il secoua la tête. « Stratégiquement, ce n’est pas un emplacement défendable. »

« Nous tiendrons bon », dit Minawa, trouvant une force qu’il ne pensait pas avoir.

« Quand l’armée de Kei arrivera, cela leur sera difficile d’encercler le château, » dit Qu Yuan.

Minawa fit furieusement un geste vers les murs qui étaient en train d’être assiégé pendant qu’ils conversaient. « Apparemment, cela peut-être fait. Ces attaquants combattent comme des démons ! »

Le Moto ricana, et inclina sa tête. « Comme vous voulez, gunso. Quels sont vos ordres ? »

Minawa réfléchit un instant, puis il réalisa que beaucoup d’autres Dragon dans la cour s’étaient arrêtés pour écouter, chacun d’entre eux le regardant avec espoir. Il aurait juré à ce moment qu’il pouvait sentir sur son armure le poids de l’insigne qui lui donnait le statut de gunso, mais il l’ignora. « Même les démons peuvent être tués. Donnez à ces hommes arcs et flèches ! »Cria-t-il, en faisant un geste vers les blessés. « Dès que vos blessures seront traitées, maintenez une pluie de flèches par delà le mur ! Les armes lourdes au sommet des murs ! Si un assaillant tente de franchir le mur, renvoyez-le si fort qu’il sera un projectile contre ses camarades. »

Hwarang hocha la tête. « Et cela nous évitera une pile de corps qui pourraient être escaladés. »

« Qu Yuan, dit Minawa, « Trouve ces moines qui ne sont pas engagés dans la bataille et trouve un moyen d’exploiter leurs capacités. Leurs tatouages doivent bien avoir une utilité dans une telle situation. Si ce n’est pas le cas, envoies les amener de l’eau sur les remparts. Nous n’avons pas de raison de s’attendre à un long siège, alors préservons nous de la soif. Hwarang dirige les tirs d’archers du mieux que tu peux.

« Hai gunso, » dirent les deux Licorne, et les Dragon autour d’eux répondirent de la même façon.




* * * * *

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Re: La Guerre du Feu Sombre, Partie 2

Message  ludo sparrow le Sam 20 Juin - 19:13

Le Village Lointain du Nord était plongé dans un chaos total.

L’attaque était arrivée sans avertissement, et le faible nombre d’attaquants qui l’avait lancée en plongeant le village dans la panique et la folie restera sans aucun doute dans la mémoire comme une tache sur l’honneur de ceux qui demeuraient ici. Cela faisait mal au cœur de Rokai de savoir que le peuple bon et loyal qu’il avait connu pendant des années, serait déshonoré aux yeux de leurs maîtres samouraïs à cause de quelque chose échappant à leur contrôle. Le moine a seulement espéré que ces incroyables circonstances atténueraient une punition potentielle à laquelle ils devraient faire face.

Au-dessus des maisons, trois grands oiseaux, plus grands que n’importe quel animal que Rokai ait pu voir, tournaient autour du village, cherchant une proie. Chacun était monté par un simple cavalier, un guerrier solitaire qui pouvait apparemment commander aux grands prédateurs de chasser la cible qu’il désirait. Ils avaient d’abord pris les magistrats du village et quelques samouraïs armés, en subissant peu de dommages. Alors les bêtes ont commencé à chasser, on aurait dit presque calmement, le bétail du village. Ils n’étaient pas plus grands que des souris aux yeux des oiseaux, et ces derniers semblaient d’avoir faim.
Les cavaliers sont venus peu de temps après. Il s’agissait d’éclaireurs, d’après leurs tenues. Rokai avait quelques notions car il avait servi deux ans en tant qu’ashigaru dans les légions du Clan du Lion avant d’embrasser la vie de moine. Les hommes portaient des armures légères et se déplaçaient rapidement. Leurs armes et armures étaient étranges, et ils ne ressemblaient à aucun homme que Rokai avait vu dans sa vie. Ils étaient également sans pitié, et sauvages au-delà de ce qu’il avait pu imaginer. Ils commençaient à tuer au hasard et à brûler n’importe quelle bâtisse qu’ils trouvaient. Les temples furent les premiers.

Rokai n’était pas un homme violent, mais il s’était battu. Il avait pu voir la souffrance dans les yeux des hommes qu’il a combattus, souffrance et folie. Quelque chose au-delà de leur force les y avait conduits, quelque chose qui avait brisé leur volonté, leurs esprits et les avait transformés en choses terribles, épouvantables. Rokai ne pouvait pas trouver la force dans son cœur pour les tuer, alors il encaissait les coups qu’ils délivraient, attendant.
Un des assaillants jeta le moine ensanglanté à terre sur le sol de pierre du temple qu’il avait servi pendant plus d’une dizaine d’années. « De la pierre, » murmura-t-il. « Cet endroit mettra longtemps à brûler. »

« Ça brûlera pareil, » répondit un des autres dans un vieux dialecte. A l’oreille de Rokai, il ressemblait à la forme écrite du Rokugani qu’il connaissait grâce aux parchemins que son ordre avait conservés pendant des siècles. Le moine se demanda bêtement si de telles pensées isolées signifiaient qu’il était en train de mourir. « Aucun samouraï n’utilisera cela pour échapper à notre colère quand les légions arriveront. »

« Quel est le sens de cela ? »

La voix était calme, mais il me manquait la sérénité qu’on aurait pu attendre d’un moine. Un nouveau venu émergea du fond du temple, et bien sûr Rokai sut instantanément de qui il devait s’agir. L’homme avait été un hôte du temple pendant près d’une année, méditant et vivant dans la solitude en permanence. Ses motivations, et même son identité, étaient un mystère, mais le blanc immaculé de ses longs cheveux, blanc même après une si longue retraite, indiquait à Rokai tout ce qu’il devait savoir à propos des origines de cet homme.

« Qui est-ce ? » demanda un des assaillants.

« Pas un moine, » répondit un second, « tu peux dire ça en voyant son apparence. »

« Un Grue, » dit un d’entre eux. « Un de ces samouraïs qui s’est allié avec la Tribu du Vent de la Montagne. »

« Il n’y a plus de Tribu du Vent de la Montagne ! » aboya le premier, en colère. « Plus maintenant ! »

« Le Grue regarda le moine ensanglanté à terre. « Qui a blessé cet homme ? »

« La bonne question, » dit un attaquant, brandissant son épée en anneau, « est qui t’a blessé ? Et la réponse… est moi. »

Le Yobanjin se déplaça vers le Grue avec un but évident, malveillant, ses yeux pratiquement brillant promettant la violence. Son adversaire ne bougea pas, attendant le dernier moment possible. Alors le Grue évita le coup avec une grâce élégante et délivra un rapide coup de doigt qui arracha l’œil gauche de l’homme, le faisant chuter au sol dans un cri d’agonie. Le Grue attrapa adroitement l’épée de l’homme dans les airs avant qu’elle ne touche le sol et lui balança. « Une arme maladroite, brutale, »dit-il. « Alors, vous ne valez pas la peine que je fasse l’effort d’aller chercher mon katana dans mes quartiers. »

Un spasme douloureux secoua Rokai, et il fit l’effort de se relever, probablement avec l’espoir d’aider l’autre homme. Cependant, au moment où il a vacillé sur ces pieds, le Grue était en train de l’aider, et quatre hommes gisaient mort sur le sol. « Que… qu’avez-vous fait, Midoru ? »

Doji Midoru jeta un œil aux corps. « Rien de conséquent, »dit-il. « Il ne souilleront pas ce temple. »

« Il a déjà été souillé, » répondit Rokai, « par le sang. »

« Peut-être, » dit Midoru. « Maintenant, dis moi combien y en-a-t-il de plus à l’extérieur ? »

« Une douzaine, peut-être, » dit Rokai. « La plus grande menace est les grands faucons qu’ils ont amenés avec eux. Il cache le soleil avec leur taille. »

Midoru inclina la tête. « Difficile à tuer »

Rokai secoua la tête. « Vous vous méprenez sur la taille. Ils ne peuvent être tués. »

Midoru fixa le vieux moine d’un regard menaçant, quasi sans vie. « Tout peut être tué, mon ami. Tout. »

* * * * *



« Plus d’eau ! » Cria Minawa. « Plus d’eau sur les murs ! »

Une poignée de samouraï du Clan du Dragon se dépêchaient d’obéir. Ils faisaient l’aller retour portant les seaux entre les tonneaux installés dans la cour et les murs qu’ils arrosaient. Certaines parties du mur commençaient à dégager de la chaleur sous l’effet de la magie malveillante utilisée à l’extérieur par les Yobanjin, et par endroits, les pierres avaient commencé à rougeoyer à cause de l’intensité. Minawa craignait que les arroser n’y ferait pas grand-chose, et un des Dragon l’avait averti que ça pouvait fragiliser les pierres voire même les briser, mais maintenant tout se qu’il pouvait faire, c’était gagner du temps, et cela devenait de plus en plus difficile, le temps avançant.

« Gunso! »

Minawa tourna la tête vers l’endroit d’où provenait la voix. Hwarang était en train de distribuer plus de flèches aux blessés. Leur nombre avait dramatiquement augmenté durant les dernières heures. Beaucoup ne pouvaient plus du tout tenir debout, mais aucun ne dérogeait à ses devoirs. Il n’avait pas vu Qu Yuan depuis presque deux heures, et craignait que son ami soit mort. « Qu’y a-t-il ? » cria-t-il.

Le Licorne souleva un étui vide. « Nous n’avons plus que quelques douzaines de flèches. Ce sera la dernière volée, je le crains. »

Minawa jura. « Il n’y en a plus dans le château ? »

« Aucune. »

Le gunso réfléchit un instant, ses yeux fixés sur l’horreur de la cour intérieure du château. On ne comptait plus le nombre de blessée. Des presque 800 hommes qui avaient commencé la bataille, peut-être un quart étaient toujours en état de combattre. Les murs ont été en grande partie désertés quand les assaillants ont commencé à se retirer et à utiliser leurs arbalètes, contre lesquelles les armures Rokugani offraient peu de protection. Depuis presqu’une heure, lui et ses hommes avaient contrecarré les tentatives de pénétrer dans l’enceinte, se précipitant au sommet du mur pour repousser les envahisseurs qui avaient tenté de traverser, puis se retirant face au feu nourri des arbalétriers tandis que les intrus tentaient à nouveau de franchir le mur. « Nous devons diriger nos tirs, maintenant, »dit-il. « Nous avons besoins d’un observateur. »

« C’est une condamnation à mort » répondit Hwarang.

« Je sais. Je dois te demander de le faire. Tu es assez bon tacticien pour diriger le tir des archers le plus efficacement possible. »Minawa fit une pause. « Je sui désolé, mon ami. »

« Ne t’excuse pas, » dit Hwarang, rassemblant une série de do-marus abandonnés au sol, puis prenant un jingasa en métal et vérifiant s’il était en état. « C’est une glorieuse bataille, et je suis honoré d’y prendre part. » Il attacha les do-marus à son bras, l’un sur l’autre, et le jingasa en métal au dessus. « Je ferai de mon mieux pour protéger les ressources de ton clan. Dis du bien de moi à ma famille. » Et sur ce, Hwarang monta au sommet du mur, portant la lourde armure qu’il avait assemblée autour de lui, pour dévier le plus possible de projectiles.

« Minawa ! » cria un des shugenja. « Minawa ! »

Le gunso se tourna, souhaitant désespérément avoir un moment, juste un moment, de tranquillité pour rassembler ses pensées. A la place, il fut surpris de voir Qu Yuan boiter vers lui. « Gunso ! » grinça la Licorne. « Ravi de voir… que tu es toujours en poste. »

« Tu es vivant ! » dit Minawa, son premier moment de joie depuis plusieurs heures. « Que s’est-il passé. »

« La façade nord étaient sur le point d’être franchie, » dit-il, essayant encore de reprendre son souffle. « Ne nous pouvions pas faire face. J’ai dit à plusieurs moines d’écrouler le mur vers l’extérieur. »

Minawa inclina la tête. « Nous avons vu la tour tomber. Nous ne savions pas ce qu’il s’était passé, mais comme nous ne nous sommes pas retrouvés envahis, nous n’avions pas d’autre choix de faire de notre mieux et de continuer à combattre.
« Le mur a été effondré de telle sorte que la face nord ne puisse être franchie, » dit Qu Yuan. « Cependant, les murs restant sont trop faibles pour cela. Ils ne tiendront guère plus de temps. »

Minawa essuya la sueur sur ses yeux. « J’espérai que Kei ait été ici depuis des heures. Nous ne pourront pas tenir beaucoup plus longtemps.
« Nous n’en aurons pas besoin, » dit Qu Yuan plaintivement, « Je pense que notre capacité à défendre le château est plus forte que la capacité du château à résister à l’impact des attaques sur les fondations. »

« Que veux-tu dire ? » demanda Minawa.

Qu Yuan le regarda sans émotion. « Si ta Kei n’arrive pas dans l’heure, le château entier s’écroulera au versant de la montagne, entraînant avec lui ses défenseurs et ses assaillants. »



* * * * *

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Re: La Guerre du Feu Sombre, Partie 2

Message  ludo sparrow le Sam 20 Juin - 19:16


La Cour Impériale, Kyuden Bayushi, plusieurs jours plus tard

L’humeur à la Cour d’Hiver de l’Impératrice s’était assombrie durant ces derniers jours et ces dernières semaines, tandis que la dure réalité des évènements se déroulant aux frontières nord de l’Empire était devenue évidente aux yeux de l’assemblée. Les soutiens envers le Clan du Dragon étaient nombreux, mais maintenant des nouvelles selon lesquelles les envahisseurs avaient été encore vus dans les terres des clans du Blaireau et de la Licorne indiquaient que le groupe avait progressée. Il y avait peu de conversations légères et égocentriques telles que beaucoup en attendaient dans un tel environnement.

La foule se sépara tandis que deux hommes avançaient vers l’estrade de l’Impératrice située au devant de la chambre. Beaucoup s’inclinèrent quand les deux passaient. Le plus grand des deux, un homme avec de nombreuses petites cicatrices ornant son visage ridé et son crâne rasé, a souri et incliné sa tête en retour. Le second des deux, beaucoup plus remarquable, était une petite créature à fourrure, un Nezumi, portant un chapeau de paille à bord large. Elle, aussi, s’inclinait en retour, sa position parfaitement identique à celle de l’homme qu’elle accompagnait. Quand les deux parvinrent à l’estrade, ils s’inclinèrent.

« Je me demande, » dit soudainement Susumu, le Conseiller Impérial, « si l’Impératrice peut avoir confiance dans la sagesse d’un homme qui amène une telle… créature… devant la Cour Impériale. »

La Voix de l’Impératrice se tourna légèrement pour écouter, puis inclina sa tête. « L’Impératrice ne célèbre pas seulement l’héroïsme de la race Nezumi, mais aussi la sagesse dont elle a fait preuve en acceptant l’Ordre Céleste et les enseignements, de Shinseï. » Il s’inclina vers les deux. « L’Impératrice est ravie d’accueillir le supérieur de la Confrérie de Shinseï et son suivant dans sa cour. »

« Merci, Divine Personne, » dit le moine en se redressant. « On m’appelle Tanari », dit-il à l’assemblée des courtisans. « C’est un grand honneur pour moi d’avoir été choisi par mes frères et mes sœurs afin de remplir le rôle de supérieur de la Confrérie, bien qu’aucun homme ne peut vraiment en diriger un autre dans la voie de l’illumination. » Il s’inclina vers le Nezumi. « K’mee et moi sommes reconnaissant d’avoir l’opportunité de parler avec vous tous, brièvement, cependant. »

« Frère Tanari, » dit le Chancelier Impérial d’une faible voix, « que pouvez-vous nous dire sur les pertes qu’a subi votre ordre jusqu’à présent ? »

L’expression de Tanari était d’une grande tristesse. « Beaucoup de petits autels et de temples dans le nord rural se trouvent derrière la ligne de front des Yobanjin, »Dit-il. « Nous n’avons pas eu de nouvelles des frères qui se trouvent dans ses secteurs, et nous supposons qu’ils sont tombés. Plus loin, un certain nombre de temples bâtis dans les terres des clans du Dragon et de la Licorne ont également été perdus. Le plus grand de nos soucis est la menace subies par de nombreux temples du Village Lointain du Nord. Bien que nous sachions que le temple principal à l’intérieur du village a été sauvé, de nombreuses bâtisses plus petites ont été détruites. »

Une personne de la délégation du Clan de la Licorne se présenta devant et s’inclina profondément. « Mon Impératrice, si vous le permettez, le Clan de la Licorne souhaite apporter son soutien à la Confrérie dans cette crise. Les braves et nobles moines qui demeuraient dans le Village Lointain du Nord ont fait un effort vaillant pour défendre le village des ses attaquant, et le Khan voudrait honorer leur sacrifice en reconstruisant tous les autels de la Confrérie détruits dans l’attaque, plus grands et resplendissants qu’auparavant. »

« Merci, Ide Eien, » dit la Voix. « L’impératrice est très heureuse de la piété et de la générosité des sujets de la Licorne. »

Tanari s’inclina. « La Confrérie est de même grandement honorée par l’appui continu du Clan de la Licorne. Le Khan est vraiment généreux et sage. »

Tandis que beaucoup parmi l’assemblée murmuraient des félicitations pour l’inhabituellement humble représentant de la famille Ide, un Seppun s’avança et donna un parchemin à la Voix de l’Impératrice. Satsu le transmis à son tour à l’Impératrice et attendit pendant un moment, la tête inclinée. « L’Impératrice a reçu de nouveaux rapports émanant des montagnes du nord, » dit-il assez vite, faisant taire la foule soudainement. « L’impératrice est soulagée d’apprendre qu’Akodo Shigetoshi et ses forces sont en train de se déplacer au Nord de Shiro Kitsuki, et que les troupes Clan du Crabe sous le commandement de Hida Benjiro ont été autorisés à traverser les terres du Clan du Lion pour les rejoindre. Les forces du Champion d’Emeraude et du Shogun sont déjà dans le secteur, se répartissant dans différentes provinces pour tenter d’établir une seconde ligne de défense. »

Un murmure s’éleva de la foule suite à la nouvelle, et les mots « seconde ligne de défense » semblaient causer un léger tracas, mais il fut rapidement interrompu par le Chancelier Impérial.

« On rapporte que la Quatrième Légion Impériale ont subies de lourdes pertes tandis qu’ils tentaient de protéger la frontière principale de l’Empire. A présent, on dit que plus de la moitié des hommes du commandant Tonoji sont mort, mais qu’il refuse de se retirer. Lui et ses hommes refusent de permettre de nouvelles incursions, même s’ils doivent y laisser la vie. Plus grave encore, on dit que la Championne du Clan du Dragon et ses forces sont parvenues à la Vénérable Demeure de la Lumière pour les libérer du siège, mais elles ont découvert que la quasi-totalité des forces de défense avaient périe. Un petit nombre subsistait, sous le commandement d’un jeune officier et de ses alliés du Clan de la Licorne. Les Yobanjin sont repartis, mais les dommages subis par la Vénérable Demeure de la Lumière sont irréparables. La province… est tombée en lambeaux. Pour avoir refusé de laisser ses ressources et abris restant aux envahisseurs. » Satsu fit une brève pause, le poids de ses mots l’affectant grandement. « On dit… on dit qu’une seule précieuse petite partie a échappé à la destruction, et que l’ordre de Togashi a subi de très grandes pertes. »

La cour était totalement silencieuse, tout le monde savait que l’Impératrice et sa Voix étaient d’anciens membres du Clan du Dragon. Une telle perte devait grandement les affecter. Après un long moment de silences, un des délégués âgés du Clan du Lion s’avança. « Grande Impératrice », dit-il calmement. « Je suis Akodo Setai, à la tête du Clan du Lion. Je suis un simple guerrier, ma dame, et je n’ai pas les mots pour exprimer ma peine face à la souffrance infligée à vos compagnons. Si je peux, cependant, quand j’ai été nommé au poste de délégué à cette cour, mon seigneur Shigetoshi-sama, m’a donné ce symbole d’autorité. Il s’agit d’un éventail de fer, autrefois offert à Akodo Toturi par Togashi Yokuni. Je serai grandement honoré, Impératrice, si je vous pouvez vous l’offrir, ainsi qu’à votre Voix, pour que vous ayez quelque chose pour vous remémorer la demeure du peuple de Togashi. »

Des voix d’approbation résonnaient dans la cour. Un autre s’avança comme le précédent, cette fois, un visage familier à l’ensemble de la cour. « Dame Iweko-sama, » dit doucement le jeune homme. « Bien que je ne puisse parler avec la même éloquence que Setai-sama, et que je ne soie pas un honorable et habile guerrier, mes maîtres du Clan du Moineau ont apporté ce petit présent à la cour. » Il offrit une figurine de jade, grossièrement taillée mais représentant un évident moineau en vol. « Il fut offert par un membre itinérant de l’ordre de Togashi au Champion du Clan du Moineau il y a des années. Son désir était que ses émissaires l’offrent au Clan du Crabe, mais ceux-ci pensent que le Clan du Crabe comprendrait que cela soit plutôt offert à l’Impératrice en tant qu’un souvenir de sa patrie. »

Akodo Setai sourit. « Orateur autant que poète, eh Sahara. »

L’homme s’inclina profondément. « Excusez-moi, Seigneur Akodo, je ne voulais pas outrepasser mes limites. »

Setai leva sa main. « Aucun souci. Agenouillez-vous avec moi devant l’Impératrice, mon ami. J’en serai honoré. »
« Comme l’Impératrice, par le service et les présents de deux si honorable serviteurs, »ajouta Satsu.

« Le Clan du Scorpion sait que la fidélité est la plus grande des vertus, » dit le Champion du Clan du Scorpion, avançant à grand pas. « En tant que les hôtes de la Cour de l’Impératrice, nous sommes humiliés par dévotion montrée par ces deux hommes. »Il montra d’un geste le Lion et le ronin à genoux, puis s’inclina devant eux, imité par les autres Scorpion de l’assemblée. « Nous ne pouvons offrir moins que nos estimés invités. A l’intérieur de ce château se trouvent des lettres privées de la fille de mon prédécesseur, la femme qui a épousé un Kitsuki, il y a des années. Bien qu’ils ne soient peu vus, l’épouse du Dragon écrivait souvent à son père, parlant de la beauté des terres du Clan du Dragon. Je serai honoré si je pouvais déposer le présent du Clan du Scorpion à côtés de ceux de Setai et Sahara, mon Impératrice. »

Satsu leva sa main. « Vous avez déjà chacun offert à l’Impératrice votre loyauté, et elle ne demande rien de plus que cela. S’il vous plaît, gardez ces précieux trésors. »

« Ils appartiennent déjà à l’Impératrice, »répondit Bayushi Paneki. « Cependant nous avons été honorés de les protéger jusqu’à aujourd’hui. »

« L’Impératrice serait ravie si vous les conserviez sous votre protection. »

« En sa possession, il ne serait mieux protégé, » ajouta Setai, « pour la vie de chaque Lion qui s’éteindra avant que sa personne ne soit menacée. »

Satsu jeta un œil à l’Impératrice, qui s’inclina doucement et baissa la tête en remerciement. « L’Impératrice est enchantée d’accepter vos présents. »

« Merci, ma dame, » chuchota Sahara.

* * * * *


The War of Dark Fire, Part 2
By Shawn Carman
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