La Guerre du Feu Sombre, Partie 3
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La Guerre du Feu Sombre, Partie 3
Les contrées du Nord de Rokugan
La pierre semblait si dure et aiguisée sous ses mains. Il y avait à peine quelque temps, cela lui était d’un grand confort. Il avait succombé au charme des montagnes derrière lui, l’ai frais lui remplissant les poumons, la sensation d’ivresse accompagnant l’effort. Selon lui, cela avait été la chose la plus agréable dans la vie, seulement jusqu’à ce matin.
Etrange comme les choses pouvaient vite changer.
Kazumasa trébucha et tomba, dérapant le long de la surface inclinée. Il s’agrippait faiblement avec son bras droit, mais ses forces lui faisaient défaut, et il était incapable de s’arrêter. Il tressaillit d’agonie quand la pierre frappa sa chair déjà ensanglantée. Sa volonté hésita, mais il laissa tomber ce qu’il tenait serré contre sa poitrine pour s’agripper également avec son bras gauche.
« Non », chuchota-t-il. Il rassembla ses forces pour pousser avec ses deux jambes, stoppant sa descente vers le précipice qui aurait sûrement mis fin à sa vie. « Non, » répéta-t-il. Sa tête vacilla, et pendant un moment, tout fut noir.
Quand la nuit était-elle tombée ? Il n’était pas sûr. Peut-être ne faisait-il pas nuit. Peut-être ses blessures étaient elles trop sévères pour lui permettre de percevoir les choses clairement. Kazumasa avait entendu parler d’un certain calme, une certaine lucidité qui touchaient, sur un champ de bataille, les hommes tellement blessés qu’ils ne pourraient probablement pas survivre. Le fait que cette pensée ne l’effrayait pas rassurait seulement Kazumasa sur le fait qu’il était, réellement, en train de mourir. Il pouvait entendre les voix de ces ancêtres parlant au loin. Il n’avait jamais été aussi près d’eux. Enfin, cela prouvait une chose intéressante : il n’avait jamais connu un membre vivant de sa famille.
« Capitaine ! » cria un de ses ancêtres. « Capitaine, il y a quelqu’un ici ! »
Un de ses ancêtres apparut, suivi par deux autres. Il les voyait indistinctement, portant une étrange armure. Peut-être était-ce ce que tout samouraï portait dans la prochaine vie. Personnellement, il n’avait jamais porté d’armure, mais les choses pouvaient changer.
Un autre visage apparut à côté du premier. « Est-il vivant, Yudo ? »
« Oui, Joyung-sama, » répondit l’homme. « Il est gravement blessé. »
Shinjo Joyung se pencha sur Kazumasa. « Qui êtes vous ? »
« Etes… êtes vous… mon père ? » murmura Kazumasa.
L’éclaireur le plus âgée fronça les sourcils, et lui jeta un regard prudent. « Il souffre apparemment de blessures graves au bras gauche, aux côtes et d’une mauvaise coupure au bras droit, » dit-il. « Il y a tellement de sang sur son visage que je ne peux dire si oui ou non il a toujours son œil gauche. Et je suppose qu’il pourrait être plus qu’un peu fou, en entendant cela. Ramenez-le en haut du mieux que vous pouvez, Yudo. »
Le plus jeune scout inclina sa tête et descendit inspecter les habits ensanglantés autour des côtes de Kazumasa, ses doigts effleurant la pierre dans sa main. « Non ! » cria soudainement l’Explorateur. « Ne la touchez pas ! »
Joyung apparut de nouveau, avec une expression curieuse. « Écoutez-moi, » dit-il doucement. « Nous sommes des éclaireurs de l’armée du Junghar du Clan de la Licorne. Nous cherchons des pistes de l’Armée du Feu. Nous ne sommes pas votre ennemi. Qui êtes-vous ? Que vous est-il arrivé ? »
« Je suis… Kazumasa, » haleta-t-il. « Je suis un des Conseillers du Shogun, servant le Clan du Blaireau. L’… l’Armée du Feu peut venir de nulle part. Ils se déplacent beaucoup plus vite que nous ne doutions. Ils ne transportent aucune provision. Ils prennent ce dont ils ont besoins, ils ne transportent rien pour le bien-être de leurs hommes. »
« Qu’est-il arrivé ? » répéta Joyung.
« Ils ont pris d’assaut l’autel, » dit Kazumasa, des larmes naissant de son œil valide. « Nous avons essayé de les arrêtés, ils y avaient des renforts en chemin, mais ils étaient trop nombreux, et nous trop peu. Ils se délectaient de ce blasphème. Ils y prenaient du plaisir, s’y livrer, comme si… comme si… »
« Comme s’ils faisaient cela pour gagner la faveur de leur maître, » dit Joyung avec mépris. « Que transportez-vous ? »
A contrecœur, Kazumasa tendit la pierre brisée. Une inscription s’y trouvait, mais Joyung ne pouvait la lire. « C’est tout ce qu’il reste de la colonne du centre de l’autel, sur laquelle l’invocation sacrée du Kami Ryoshun était gravée. »
Joyung inclina la tête. « Ne vous inquiétez pas, mon ami, Vous et votre trésor sont sous la protection du Khan à présent. » Il se tourna vers les autres. « Nous avons l’information dont nous avions besoin, compagnons. Faisons route vers la frontière nord des terres du Clan de la Licorne, aussi vite que les blessures de notre homme nous permettent de voyager. »
Doji Koin fronça les sourcils tandis qu’il suivait le Champion âgé du Clan du Blaireau. « Kihongo-sama, je vous prie, vous devez entendre raison. »
« Quel raison y-a-t-il à ce problème ? »dit Kihongo sans se retourner. « Le problème est simple. Le Clan du Blaireau a un devoir sacré à accomplir, et pour la première fois de notre histoire, aujourd’hui plus que jamais. » Il retira son omniprésente pipe et expira une bouffée irritante de fumée. « Voudriez-vous que j’ordonne à ma famille d’abandonner leurs devoirs et de fuir comme des lâches ? »
« Non, mon seigneur, » dit Koin, « bien sûr que non. Je suis conscient de la fière tradition de la famille Ichiro. Vous portez en vous le sang du Clan du Crabe et avez enduré plus de privations qu’aucun autre clan dans l’Empire. Mais vous devez absolument vous rendre compte que c’est une épreuve insurmontable. Ce que vous espérez est impossible. »
« Je suis assez vieux pour avoir vu l’impossible accompli plusieurs fois, »répondit Kihongo. « Peut-être celle-ci sera une fois de plus. » Le vieil homme entra dans la pièce dont il se servait de quartier général en temps de guerre, et Koin le suivait encore. Les autres Ichiro à l’intérieur jetèrent curieusement un œil dans sa direction, mais comme Kihongo n’attachait aucune importance à la présence du Grue, ils choisirent également de l’ignorer. « Quelles sont les nouvelles ? » demanda Kihongo.
« Rien de bon, » répondit Ichiro Ryozan. Malgré son jeune âge, l’homme était un des principaux conseillers militaires du Champion. « Les renforts que nous avons expédié à l’autel du nord ont du arriver il y a quelques temps. Leurs ordres étaient de nous envoyer un messager pour nous informer qu’ils étaient arrivés et en position. Que personne ne soit revenu nous indique qu’ils ont été interceptés ou même pris d’assaut dès leur arrivée. »
Kihongo tira profondément sur sa pipe et souffla un autre anneau. « Si l’autel est tombé, alors notre seule raison de vivre a cessé d’exister, » dit-il catégoriquement. « Seule la présence de l’autel nous avait sauvé de la dissolution il y a quelques années. Maintenant sa destruction… » Il secoua sa tête.
« Il viendront ici, » dit Ryozan. « Nous devons déterminer comment nos défenses devront être dressées. »
« Mon seigneur, » dit Koin calmement, « cette armée à décimé les défenses du Clan du Dragon, et ils avaient de loin de plus grandes ressources à leur disposition. »
« L’armée avait également un commandant qui faisait partie des membres les plus imminents du Clan du Dragon, » grommela Ryozan. « Bien sûr, il savait comment attaquer le Clan du Dragon. C’est tout ce que le Sombre Oracle du Feu espère faire dans ce monde ! »
Koin fronça les sourcils. « Je ne peux réfuter votre excellent point de vue, » dit-il. « Mais personne ne peut honnêtement ignorer qu’une force militaire suffisante pour défier le Clan du Dragon, sans tenir compte de leur avantage tactique, peut facilement être repoussée par le Clan du Blaireau. Je ne veux pas vous offenser. Je pense simplement à vos générations futures. »
« Combien reste-il d’hôtes dans le château ? » Demanda soudainement Kihongo.
« Seule reste les Grue, » Ryozan dit, jetant un œil irritée à Koin.
Kihongo s’inclina doucement. « Je regrette que nous ne pouvons vous offrir une garde d’honneur, » dit-il, « mais vous comprendrez que nous avons besoin de toutes nos forces. S’il vous plaît rassembler vos hommes et dirigez vous vers les tours du sud. Et… » Il s’interrompit, clairement peiné par le poids de sa décision. « Et si je puis vous demander une faveur, s’il vous plaît, escortez les enfants du château jusqu’à cet endroit également. Les plus âgés surveilleront les autres, mais ils ont besoins d’une escorte. »
Koin sursauta de surprise puis s’inclina. « Je serai grandement honoré de rendre un tel service au Champion du Clan du Blaireau, mon seigneur. »
Ryozan fronça les sourcils, puis inclina sa tête à contrecœur. Il prit un parchemin des mains d’un préposé et y jeta un œil, et son expression devint froide, détachée. « J’ai peur que cela ne soit pas possible, Kihongo-sama. »
« Quoi ? »
Ryozan tendit le parchemin. « C’est un rapport selon lequel les éclaireurs de l’Armée du Feu ont été vus dans les cols du Sud. Ils ont coupé la seule route vers le sud, mon seigneur. Il n’y a peut-être que peu de traces ici et là, mais des enfants ne pourraient pas traverser en sécurité. »
Kihongo baissa la tête. Après un moment, il a simplement dit. « J’aurai du vous écouter plus tôt. »
Koin réfléchit un instant, frottant son menton. « Mon seigneur, il reste une possibilité. Si vous me le permettez, je serai de retour dans peu de temps. Il y a encore un moyen. »
Cela faisait presque une demi-heure quand Koin revint accompagné de deux autres hommes. Quand ils sont entrés, Kihongo et les autres les ont regardés avec la même surprise comme s’ils n’avaient jamais vu ces hommes auparavant. Koin pouvait à peine les blâmer. Les hommes étaient en train de préparer les défenses qui tomberaient presque certainement et les conduiraient à leur mort. Un tel travail pourrait déstabiliser même le plus stoïque des hommes. « Mes seigneurs, vous connaissez mon yojimbo, Daidoji Sugoru. Et cet homme est l’une de vos sentinelles, Ichiro Doru. Ce nom vous est-il familier ? »
« Devrai-t-il l’être ? » questionna Kihongo.
Doru s’éclaircit la voix. « Mon père était Ichiro Taraken. »
Il a semblé que la température dans la pièce chuta remarquablement à la mention de ce nom. « Peut-être l’histoire de Taraken ne vous est-elle pas familière, » dit Kihongo au Grue. « Il a été chargé de superviser une mine durant les tristes années que notre clan a passé après la Guerre des Clans. Malheureusement, il a permis aux travailleurs de s’éloigner du secteur qu’on leur avait assigné, et finalement, non seulement ils ont échoué à produire le minerai dont nous avions désespérément besoin, mais ces imbéciles ont passé plus d’une année à creuser un tunnel atteignant les fondations de ce château. » Le Champion lança un regard sinistre au jeune Blaireau. « Ces échecs font partie de nos plus grandes hontes. Nous avons gaspillés nos ressources et notre temps alors que nous ne pouvions pas nous le permettre. »
« Il n’est pas question de cela, mon seigneur, » dit Koin, « ni même du jeune Doru. Cependant, mon yojimbo a passé du temps à parler avec Doru pendant les mois que nous avons passés ici, et il a appris certaines choses à propos de la rédemption. Doru lui a parlé du tunnel, qu’il a vu quand il était enfant. Il se termine à l’extérieur du mur le plus éloigné de la partie souterraine de ce château, et l’autre issue se trouve quelque part à quelques miles au sud. »
« Je me résigne à voir que cela… » La voix de Kihongo s’estompa. « A quelle distance se trouvent les éclaireurs ? »
« Un mile, peut-être un peu plus, » Répondit Ryozan.
« Nous avons besoin d’un marteau, » dit Kihongo.
Ryozan souleva un dai tsuchi et le posa sur la table. « Je crois que je peux t’aider à trouver le tunnel, » dit-il à Doru. « S’il te plaît, passe devant. »
La pierre semblait si dure et aiguisée sous ses mains. Il y avait à peine quelque temps, cela lui était d’un grand confort. Il avait succombé au charme des montagnes derrière lui, l’ai frais lui remplissant les poumons, la sensation d’ivresse accompagnant l’effort. Selon lui, cela avait été la chose la plus agréable dans la vie, seulement jusqu’à ce matin.
Etrange comme les choses pouvaient vite changer.
Kazumasa trébucha et tomba, dérapant le long de la surface inclinée. Il s’agrippait faiblement avec son bras droit, mais ses forces lui faisaient défaut, et il était incapable de s’arrêter. Il tressaillit d’agonie quand la pierre frappa sa chair déjà ensanglantée. Sa volonté hésita, mais il laissa tomber ce qu’il tenait serré contre sa poitrine pour s’agripper également avec son bras gauche.
« Non », chuchota-t-il. Il rassembla ses forces pour pousser avec ses deux jambes, stoppant sa descente vers le précipice qui aurait sûrement mis fin à sa vie. « Non, » répéta-t-il. Sa tête vacilla, et pendant un moment, tout fut noir.
Quand la nuit était-elle tombée ? Il n’était pas sûr. Peut-être ne faisait-il pas nuit. Peut-être ses blessures étaient elles trop sévères pour lui permettre de percevoir les choses clairement. Kazumasa avait entendu parler d’un certain calme, une certaine lucidité qui touchaient, sur un champ de bataille, les hommes tellement blessés qu’ils ne pourraient probablement pas survivre. Le fait que cette pensée ne l’effrayait pas rassurait seulement Kazumasa sur le fait qu’il était, réellement, en train de mourir. Il pouvait entendre les voix de ces ancêtres parlant au loin. Il n’avait jamais été aussi près d’eux. Enfin, cela prouvait une chose intéressante : il n’avait jamais connu un membre vivant de sa famille.
« Capitaine ! » cria un de ses ancêtres. « Capitaine, il y a quelqu’un ici ! »
Un de ses ancêtres apparut, suivi par deux autres. Il les voyait indistinctement, portant une étrange armure. Peut-être était-ce ce que tout samouraï portait dans la prochaine vie. Personnellement, il n’avait jamais porté d’armure, mais les choses pouvaient changer.
Un autre visage apparut à côté du premier. « Est-il vivant, Yudo ? »
« Oui, Joyung-sama, » répondit l’homme. « Il est gravement blessé. »
Shinjo Joyung se pencha sur Kazumasa. « Qui êtes vous ? »
« Etes… êtes vous… mon père ? » murmura Kazumasa.
L’éclaireur le plus âgée fronça les sourcils, et lui jeta un regard prudent. « Il souffre apparemment de blessures graves au bras gauche, aux côtes et d’une mauvaise coupure au bras droit, » dit-il. « Il y a tellement de sang sur son visage que je ne peux dire si oui ou non il a toujours son œil gauche. Et je suppose qu’il pourrait être plus qu’un peu fou, en entendant cela. Ramenez-le en haut du mieux que vous pouvez, Yudo. »
Le plus jeune scout inclina sa tête et descendit inspecter les habits ensanglantés autour des côtes de Kazumasa, ses doigts effleurant la pierre dans sa main. « Non ! » cria soudainement l’Explorateur. « Ne la touchez pas ! »
Joyung apparut de nouveau, avec une expression curieuse. « Écoutez-moi, » dit-il doucement. « Nous sommes des éclaireurs de l’armée du Junghar du Clan de la Licorne. Nous cherchons des pistes de l’Armée du Feu. Nous ne sommes pas votre ennemi. Qui êtes-vous ? Que vous est-il arrivé ? »
« Je suis… Kazumasa, » haleta-t-il. « Je suis un des Conseillers du Shogun, servant le Clan du Blaireau. L’… l’Armée du Feu peut venir de nulle part. Ils se déplacent beaucoup plus vite que nous ne doutions. Ils ne transportent aucune provision. Ils prennent ce dont ils ont besoins, ils ne transportent rien pour le bien-être de leurs hommes. »
« Qu’est-il arrivé ? » répéta Joyung.
« Ils ont pris d’assaut l’autel, » dit Kazumasa, des larmes naissant de son œil valide. « Nous avons essayé de les arrêtés, ils y avaient des renforts en chemin, mais ils étaient trop nombreux, et nous trop peu. Ils se délectaient de ce blasphème. Ils y prenaient du plaisir, s’y livrer, comme si… comme si… »
« Comme s’ils faisaient cela pour gagner la faveur de leur maître, » dit Joyung avec mépris. « Que transportez-vous ? »
A contrecœur, Kazumasa tendit la pierre brisée. Une inscription s’y trouvait, mais Joyung ne pouvait la lire. « C’est tout ce qu’il reste de la colonne du centre de l’autel, sur laquelle l’invocation sacrée du Kami Ryoshun était gravée. »
Joyung inclina la tête. « Ne vous inquiétez pas, mon ami, Vous et votre trésor sont sous la protection du Khan à présent. » Il se tourna vers les autres. « Nous avons l’information dont nous avions besoin, compagnons. Faisons route vers la frontière nord des terres du Clan de la Licorne, aussi vite que les blessures de notre homme nous permettent de voyager. »
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Doji Koin fronça les sourcils tandis qu’il suivait le Champion âgé du Clan du Blaireau. « Kihongo-sama, je vous prie, vous devez entendre raison. »
« Quel raison y-a-t-il à ce problème ? »dit Kihongo sans se retourner. « Le problème est simple. Le Clan du Blaireau a un devoir sacré à accomplir, et pour la première fois de notre histoire, aujourd’hui plus que jamais. » Il retira son omniprésente pipe et expira une bouffée irritante de fumée. « Voudriez-vous que j’ordonne à ma famille d’abandonner leurs devoirs et de fuir comme des lâches ? »
« Non, mon seigneur, » dit Koin, « bien sûr que non. Je suis conscient de la fière tradition de la famille Ichiro. Vous portez en vous le sang du Clan du Crabe et avez enduré plus de privations qu’aucun autre clan dans l’Empire. Mais vous devez absolument vous rendre compte que c’est une épreuve insurmontable. Ce que vous espérez est impossible. »
« Je suis assez vieux pour avoir vu l’impossible accompli plusieurs fois, »répondit Kihongo. « Peut-être celle-ci sera une fois de plus. » Le vieil homme entra dans la pièce dont il se servait de quartier général en temps de guerre, et Koin le suivait encore. Les autres Ichiro à l’intérieur jetèrent curieusement un œil dans sa direction, mais comme Kihongo n’attachait aucune importance à la présence du Grue, ils choisirent également de l’ignorer. « Quelles sont les nouvelles ? » demanda Kihongo.
« Rien de bon, » répondit Ichiro Ryozan. Malgré son jeune âge, l’homme était un des principaux conseillers militaires du Champion. « Les renforts que nous avons expédié à l’autel du nord ont du arriver il y a quelques temps. Leurs ordres étaient de nous envoyer un messager pour nous informer qu’ils étaient arrivés et en position. Que personne ne soit revenu nous indique qu’ils ont été interceptés ou même pris d’assaut dès leur arrivée. »
Kihongo tira profondément sur sa pipe et souffla un autre anneau. « Si l’autel est tombé, alors notre seule raison de vivre a cessé d’exister, » dit-il catégoriquement. « Seule la présence de l’autel nous avait sauvé de la dissolution il y a quelques années. Maintenant sa destruction… » Il secoua sa tête.
« Il viendront ici, » dit Ryozan. « Nous devons déterminer comment nos défenses devront être dressées. »
« Mon seigneur, » dit Koin calmement, « cette armée à décimé les défenses du Clan du Dragon, et ils avaient de loin de plus grandes ressources à leur disposition. »
« L’armée avait également un commandant qui faisait partie des membres les plus imminents du Clan du Dragon, » grommela Ryozan. « Bien sûr, il savait comment attaquer le Clan du Dragon. C’est tout ce que le Sombre Oracle du Feu espère faire dans ce monde ! »
Koin fronça les sourcils. « Je ne peux réfuter votre excellent point de vue, » dit-il. « Mais personne ne peut honnêtement ignorer qu’une force militaire suffisante pour défier le Clan du Dragon, sans tenir compte de leur avantage tactique, peut facilement être repoussée par le Clan du Blaireau. Je ne veux pas vous offenser. Je pense simplement à vos générations futures. »
« Combien reste-il d’hôtes dans le château ? » Demanda soudainement Kihongo.
« Seule reste les Grue, » Ryozan dit, jetant un œil irritée à Koin.
Kihongo s’inclina doucement. « Je regrette que nous ne pouvons vous offrir une garde d’honneur, » dit-il, « mais vous comprendrez que nous avons besoin de toutes nos forces. S’il vous plaît rassembler vos hommes et dirigez vous vers les tours du sud. Et… » Il s’interrompit, clairement peiné par le poids de sa décision. « Et si je puis vous demander une faveur, s’il vous plaît, escortez les enfants du château jusqu’à cet endroit également. Les plus âgés surveilleront les autres, mais ils ont besoins d’une escorte. »
Koin sursauta de surprise puis s’inclina. « Je serai grandement honoré de rendre un tel service au Champion du Clan du Blaireau, mon seigneur. »
Ryozan fronça les sourcils, puis inclina sa tête à contrecœur. Il prit un parchemin des mains d’un préposé et y jeta un œil, et son expression devint froide, détachée. « J’ai peur que cela ne soit pas possible, Kihongo-sama. »
« Quoi ? »
Ryozan tendit le parchemin. « C’est un rapport selon lequel les éclaireurs de l’Armée du Feu ont été vus dans les cols du Sud. Ils ont coupé la seule route vers le sud, mon seigneur. Il n’y a peut-être que peu de traces ici et là, mais des enfants ne pourraient pas traverser en sécurité. »
Kihongo baissa la tête. Après un moment, il a simplement dit. « J’aurai du vous écouter plus tôt. »
Koin réfléchit un instant, frottant son menton. « Mon seigneur, il reste une possibilité. Si vous me le permettez, je serai de retour dans peu de temps. Il y a encore un moyen. »
Cela faisait presque une demi-heure quand Koin revint accompagné de deux autres hommes. Quand ils sont entrés, Kihongo et les autres les ont regardés avec la même surprise comme s’ils n’avaient jamais vu ces hommes auparavant. Koin pouvait à peine les blâmer. Les hommes étaient en train de préparer les défenses qui tomberaient presque certainement et les conduiraient à leur mort. Un tel travail pourrait déstabiliser même le plus stoïque des hommes. « Mes seigneurs, vous connaissez mon yojimbo, Daidoji Sugoru. Et cet homme est l’une de vos sentinelles, Ichiro Doru. Ce nom vous est-il familier ? »
« Devrai-t-il l’être ? » questionna Kihongo.
Doru s’éclaircit la voix. « Mon père était Ichiro Taraken. »
Il a semblé que la température dans la pièce chuta remarquablement à la mention de ce nom. « Peut-être l’histoire de Taraken ne vous est-elle pas familière, » dit Kihongo au Grue. « Il a été chargé de superviser une mine durant les tristes années que notre clan a passé après la Guerre des Clans. Malheureusement, il a permis aux travailleurs de s’éloigner du secteur qu’on leur avait assigné, et finalement, non seulement ils ont échoué à produire le minerai dont nous avions désespérément besoin, mais ces imbéciles ont passé plus d’une année à creuser un tunnel atteignant les fondations de ce château. » Le Champion lança un regard sinistre au jeune Blaireau. « Ces échecs font partie de nos plus grandes hontes. Nous avons gaspillés nos ressources et notre temps alors que nous ne pouvions pas nous le permettre. »
« Il n’est pas question de cela, mon seigneur, » dit Koin, « ni même du jeune Doru. Cependant, mon yojimbo a passé du temps à parler avec Doru pendant les mois que nous avons passés ici, et il a appris certaines choses à propos de la rédemption. Doru lui a parlé du tunnel, qu’il a vu quand il était enfant. Il se termine à l’extérieur du mur le plus éloigné de la partie souterraine de ce château, et l’autre issue se trouve quelque part à quelques miles au sud. »
« Je me résigne à voir que cela… » La voix de Kihongo s’estompa. « A quelle distance se trouvent les éclaireurs ? »
« Un mile, peut-être un peu plus, » Répondit Ryozan.
« Nous avons besoin d’un marteau, » dit Kihongo.
Ryozan souleva un dai tsuchi et le posa sur la table. « Je crois que je peux t’aider à trouver le tunnel, » dit-il à Doru. « S’il te plaît, passe devant. »
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ludo sparrow- Emerald Champion

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Re: La Guerre du Feu Sombre, Partie 3
La Cour d’Hiver de l’Impératrice, Kyuden Bayushi
Shiba Yoma se joignit aux autres pour applaudir poliment tandis que la finale du concours avait lieu. Le concours avait duré trois jours, organisé comme toujours par la famille Otomo, et mêlant toutes formes de discours que les participants souhaitaient. Les premières parties s’étaient déroulées comme on pouvait s’y attendre, avec la Grue s’imposant facilement. La réelle surprise était un préposé ronin, un fonctionnaire mineur de la délégation du Clan du Lièvre, qui était également sorti victorieux. En finale, l’artisan Grue avait spontanément récité un poème élaboré concernant le courage du Clan du Blaireau. Celui-ci donna des larmes aux yeux à certains même s’il était relativement court et, de l’avis de Yoma, assez terre à terre.
Le ronin, de l’autre côté, avait parlé d’une histoire de rédemption d’un samouraï qui avait perdu tout ce lui importait et avait tourné le dos à sa famille, son clan, et son Empire, pour suivre une voie sombre et égoïste afin de survivre à son agonie. A la fin de l’histoire, il eut une révélation dans un moment critique et se sacrifia pour restaurer un minimum de son honneur. C’était un conte dramatique, bien sûr, mais aux oreilles de Yoma, ce comportement égoïste et sinistre comportait une once de vérité. Quand même, Yoma se posait des questions à propos l’histoire du ronin.
Les juges déterminèrent que le ronin, dont Yoma n’avait jamais entendu le nom, était le gagnant, ce qui provoqua un bouleversement à l’échelle des clans plus « civilisés ». Dans des circonstances différentes, pensa le Phoenix, une telle chose aurait causé l’équivalent d’au moins une semaine de discussion dramatique. Cependant, avec les évènements se déroulant au nord, la réaction était mesurée. Même l’artisan défait semblait sourire avec satisfaction. Le ronin a été conduit devant le responsable Otomo en présence de l’Impératrice pour recevoir son prix. L’objet en question, un magnifique set de calligraphie, était offert deux fois et refusé deux fois comme le protocole le demandait. Le juge sourit et l’offrit pour la troisième fois, s’avançant pour le remettre au vainqueur.
« Vous ne comprenez pas, » dit le ronin. « Je n’étais pas courtois. Je ne peux accepter ce prix. »
Des murmures d’élevèrent de la foule, et l’intérêt de Yoma fut attiré. L’expression du Otomo était un mélange de confusion et d’offense. « Que cela signifie-t-il ? » demanda-t-il.
« Je n’en aurai bientôt plus l’utilité, » répondit le ronin. « Et de toute façon, je crois que vous ne souhaiteriez plus me le donner. Je suppose que le récit de mes pêchés n’était pas suffisant pour vous décourager.
Les murmures reprirent, plus fort cette fois. Yoma remarque que la délégation du Clan du Lièvre chuchoter furieusement avec les autres membres de la délégation de l’Alliance des Clans Mineurs. « Les actions que vous avez mentionnées, les crimes que vous avez décrits, » dit le juge, consterné, « vous les avez vraiment accomplis ? »
« Ceux-là et d’autres plus mauvais, » confirma le ronin.
Le tumulte était particulièrement considérable, étant donné le cadre. Beaucoup tenaient de rapides conversations derrière leurs éventails, mais le Conseiller Impérial leva la main pour réclamer le silence, et la pièce se tut soudainement. « Je trouve votre confession intéressante, » dit Susumu. « Aussi vrai que votre récit puisse être vrai, après tout. Vous êtes encore en vie. »
« Je le suis, » acquiesça le ronin, inclinant sa tête respectueusement vers le Conseiller. « Je ne peux remplir ma destinée tant que je n’ai pas apporté un présent à l’Impératrice, un présent de mon seigneur, de la part de son seigneur. Il a été enlevé du Royaume de l’Attente et amené dans le Royaume des Mortels il y a quelques années, et il est maintenant destiné à l’Enfant des Cieux. » Il sortit quelque chose de son obi et le tendit. « Ce n’est rien, d’important, je crains. Un netsuke mineur. Mais les Cieux guident le monde de l’homme à travers le règne de l’Impératrice Divine, et c’est en sa possession que cet objet, qui avait appartenu au Kami Ryoshun, doit être. Ma dame, je vous l’offre, à vous et vous seule. »
L’Impératrice ne bougea pas derrière son écran, mais la Voix s’inclina. « Si votre offre est sincère, alors l’Impératrice souhaite d’abord s’assure de sa véracité. Elle confie la garde de l’objet à nos hôtes du Clan du Scorpion jusqu’à ce que nous soyons certains de l’exactitude de vos paroles. »
« Vous êtes sages, ma dame. »
« Je suis curieux, » continua le Conseiller, « Quel est votre seigneur, ronin ? »
« L’Impératrice et ceux qui possèdent une grande connaissance le connaissent déjà, » répondit le ronin en s’inclinant.
« L’Impératrice voudrait connaître le but de votre visite à la cour, » dit la Voix. « Offrir un présent ne requiert pas de telles moyens, et la dissimulation de votre dessein n’échappe pas à sa sagesse divine. »
Le ronin inclina sa tête. « Le jour de son ascension, l’Impératrice à présenté une offre, porté par les paroles son conseiller à certains éléments de son Empire. Malheureusement, je pense que je ne remplis pas les conditions nécessaires pour obtenir le pardon de l’Impératrice, mais c’est mon souhait de lui prouver que ceux qui souffrent de ma … maladie… particulière sont capable de reconnaître leur place dans le nouvel ordre. » Il se mit à genoux. « Personne n’est irrécupérable, mon Impératrice. Le seul présent que vous pouvez offrir est le salut qui vous a été donné par les Cieux, pour le partager de façon approprié. S’il vous plaît, permettez-moi de vous prouver que je suis digne de ce cadeau. Que d’autres le sont également. »
Il y eut un long moment de silence. « Donnez votre nom, ronin, » dit le Conseiller.
« Je suis le poète Rezan, » répondit-il.
Tandis qu’il y avait eu auparavant chuchotements et conversations étouffées, il n’y avait maintenant plus que silence. L’histoire de Rezan était connue de beaucoup, et il avait disparut après la Pluie de Sang, il y a des années, présumé tombé dans l’Outremonde. Que présageait sa réapparition, se demanda Yoma.
Finalement, la Voix de l’Impératrice parla. « Si vous cherchez la rédemption, alors il n’y a qu’un seul moyen pour la trouver, Rezan. Vous comprenez cela. »
« Parfaitement, Impératrice. »
L’Impératrice s’inclina, et la Voix baissa la tête. « Dans une heure, l’Impératrice acceptera le seppuku du poète Rezan, pour l’expiation de ses crimes contre l’Empire et de sa tentation à l’attrait du Royaume du Mal. »
Asako Serizawa regarda à nouveau vers le nord ouest et en fronça les sourcils à la vue de la colonne de fumée. Elle était visible depuis plus d’une heure, mais il restait encore du temps avant que lui et ses suivants puissent atteindre le village. Le Phoenix ne souhaitait pas que le monde sache, pour un certain nombre de raisons, que quelqu’un avait trouvé Yobanjin Mura, un village mentionné sur un petit nombre de cartes toujours avec un nom complètement différent.
« Mon seigneur. »
Un des hommes habituellement taciturne qui l’accompagnaient presque partout où il allait fit un geste vers la route, où une personne seule marchait vers. Serizawa fronça les sourcils, puis fit un signe silencieux de la tête.
Au geste de l’inquisiteur, les deux hommes se séparèrent et prirent position de chaque côté du voyageur. La personne solitaire s’arrêté, regardant les deux hommes prudemment, mais il n’y avait eu aucune paroles échangées avec le troisième d’entre eux. Ils semblaient attendre après lui pour prendre la situation en main. « Bonjour, » dit-il finalement, tandis qu’il prenait place à une courte distance. « Je suis Serizawa, un inquisiteur de la famille Asako du Clan du Phoenix. Puis-je vous demander votre nom et la raison de votre présence ici ? »
« Seulement si je peux vous demander pour quelle raison vos hommes semblent si belliqueux, » répondit le samouraï, une femme ».
« La nature des activités dans cette région nous indiquent la probable présence de forces ennemies à l’intérieur des terres du Clan du Phoenix, » répondit Serizawa d’un ton monotone. « Mes suivants sont simplement … prudents. »
La femme sembla réfléchir à ses mots pendant un instant. « Et puis-je supposer que vos hommes muets font partie de la famille Shiba ? »
Serizawa tiqua à la question. « Vous pouvez le supposer, oui. »
La femme inclina la tête et retira prudemment un paquet de son dos, surveillant les gestes minutieux que faisaient les suivants. Elle plaça le paquet sur le sol et l’ouvrit. A l’intérieur se trouvaient quatre épées. « Elles ont appartenues aux deux magistrats du village. Je souhaite qu’elles retournent auprès de leurs familles. »
Encore une fois, Serizawa regarda la colonne de fumée. « Que s’est-il passé ? »
« J’étais dans les contreforts au sud d’ici, près de la frontière de la Plaine du Cœur du Dragon, » dit la femme « quand vos magistrats m’ont capturée et amenée au village. C’était il y a deux jours. Dans le milieu de la nuit dernière, le village a été attaqué. »
« Où en est l’attaque ? » demanda Serizawa.
« Terminée, » répondit la femme. « Il ne reste rien. Tout est brulé jusqu’au sol. Toute chose vivante a été tuée, exceptée moi. »
« Quel est votre nom ? » interrogea l’inquisiteur.
« Je suis Bayushi Iyona, magistrate du Clan du Scorpion. »
Il se pencha par-dessus son cheval. « Et comment pensez-vous avoir été épargnée, Bayushi Iyona ? »
« Je possède les capacités nécessaires pour ne pas être repérée »
« Et si je vous demande pourquoi vous voyagiez dans les contreforts ? »
« Alors laissez-moi-vous demander pourquoi les magistrats de votre clan m’ont capturée en dehors de vos frontières, » répondit-elle, « et pourquoi le village où j’ai été amené n’apparaît sur aucune carte, ni son nom à aucun endroit, et pourquoi les habitants là-bas, puissent les Fortunes voir leurs âmes sur le chemin du Royaume de l’Attente, semblaient si … exotiques. »
Les deux suivant ont regardés Serizawa avec espoir, mais il leur fit signe de s’écarter. « Très bien alors, Bayushi Iyona, » dit-il. « Peut-être pouvons nous retourner tous les deux à nos taches respectives, sans poser plus de questions. »
« Cela serait parfait, merci, » dit sèchement Iyona.
Serizawa montra les lames. « Vous avez mes remerciements. Y-a-t-il un message à transmettre ? »
« Dites aux familles que leurs compagnons sont morts vaillamment, et ils ont pris de nombreux ennemis avec eux. Et dites leurs que les hommes qui les ont tués n’ont pas survécu la nuit. J’en suis certaine. »
Shinjo Osema passa sa main sur sa barbe courte, autrefois noire parsemée de gris mais désormais complètement grise avec des touches de noir. « Combien ? » demanda-t-il.
Le capitaine de la garde secoua la tête. « Nous ne pouvons pas savoir, mon seigneur. Les seuls groupes qui ont été vus étaient composés d’un petit nombre, mais il est impossible de savoir s’il s’agit de groupes différents ou un seul qui a été aperçu plusieurs fois. »
Osema grimaça. Sa fonction de gouverneur de Bikami s’était déroulée de façon extrêmement ordinaire depuis son arrivée il y a quelques années. A l’époque, il avait souhaité cela, s’étant habitué à la folie agitée de gouverner Ryoko Owari Toshi. Dans les années suivantes, il était venu apprécier réellement la sérénité de son poste, et il avait essayé de diriger le village d’un mieux qu’il pouvait. Ses efforts avaient été récompensés avec une grande prospérité, mais maintenant il semblait que tout pourrait être détruit. « Combien étaient-ils dans le groupe qui a assiégé le Village Lointain du Nord ? »
Le capitaine secoua à nouveau sa tête. « Je ne sais pas. Pas nombreux. Moins que ceux que nous avons vu, certainement, mais ils avaient également de grands faucons avec eux, et le Village Lointain du Nord n’était pas aussi bien défendu que Bikami. »
« Pouvons-nous supposer que ces faucons ne viendrons pas ? » demanda Osema. « Il se peut bien que les éclaireurs soient en train d’attendre sur place avant d’essayer ne mettre nos défenses à l’épreuve, après tout. »
« Je ne sais pas, gouverneur, » répondit le capitaine.
« Et si les oiseaux viennent ? » dit calmement Osema. « Comment pouvons-nous espérer nous défendre contre de telles choses ? »
Le capitaine pâlit en entendant cela. « Nous ne pouvons pas, mon seigneur. »
Osema inclina la tête. « Chaque homme et femme qui se sont entraînés à l’épée restent. Les autres s’en vont. Qu’ils prennent tout ce qu’il y a de valeur, tous les sacs de grains ou de nourriture, et qu’ils fassent routent vers l’ouest à Shiro Utaku. Les fortifications là-bas pourraient tenir face à presque tout, et ils peuvent redistribuer les récoltes si nécessaire. »
« Comme vous le souhaitez, gouverneur, » dit le capitaine. « Que fera le reste d’entre nous ? »
« Nous resteront et accompliront notre devoir de samouraï, » dit Osema. « Les ennemis du Khan ne trouveront rien de valeur ici, mais ils pourraient bien trouver la mort. »
Shiba Yoma se joignit aux autres pour applaudir poliment tandis que la finale du concours avait lieu. Le concours avait duré trois jours, organisé comme toujours par la famille Otomo, et mêlant toutes formes de discours que les participants souhaitaient. Les premières parties s’étaient déroulées comme on pouvait s’y attendre, avec la Grue s’imposant facilement. La réelle surprise était un préposé ronin, un fonctionnaire mineur de la délégation du Clan du Lièvre, qui était également sorti victorieux. En finale, l’artisan Grue avait spontanément récité un poème élaboré concernant le courage du Clan du Blaireau. Celui-ci donna des larmes aux yeux à certains même s’il était relativement court et, de l’avis de Yoma, assez terre à terre.
Le ronin, de l’autre côté, avait parlé d’une histoire de rédemption d’un samouraï qui avait perdu tout ce lui importait et avait tourné le dos à sa famille, son clan, et son Empire, pour suivre une voie sombre et égoïste afin de survivre à son agonie. A la fin de l’histoire, il eut une révélation dans un moment critique et se sacrifia pour restaurer un minimum de son honneur. C’était un conte dramatique, bien sûr, mais aux oreilles de Yoma, ce comportement égoïste et sinistre comportait une once de vérité. Quand même, Yoma se posait des questions à propos l’histoire du ronin.
Les juges déterminèrent que le ronin, dont Yoma n’avait jamais entendu le nom, était le gagnant, ce qui provoqua un bouleversement à l’échelle des clans plus « civilisés ». Dans des circonstances différentes, pensa le Phoenix, une telle chose aurait causé l’équivalent d’au moins une semaine de discussion dramatique. Cependant, avec les évènements se déroulant au nord, la réaction était mesurée. Même l’artisan défait semblait sourire avec satisfaction. Le ronin a été conduit devant le responsable Otomo en présence de l’Impératrice pour recevoir son prix. L’objet en question, un magnifique set de calligraphie, était offert deux fois et refusé deux fois comme le protocole le demandait. Le juge sourit et l’offrit pour la troisième fois, s’avançant pour le remettre au vainqueur.
« Vous ne comprenez pas, » dit le ronin. « Je n’étais pas courtois. Je ne peux accepter ce prix. »
Des murmures d’élevèrent de la foule, et l’intérêt de Yoma fut attiré. L’expression du Otomo était un mélange de confusion et d’offense. « Que cela signifie-t-il ? » demanda-t-il.
« Je n’en aurai bientôt plus l’utilité, » répondit le ronin. « Et de toute façon, je crois que vous ne souhaiteriez plus me le donner. Je suppose que le récit de mes pêchés n’était pas suffisant pour vous décourager.
Les murmures reprirent, plus fort cette fois. Yoma remarque que la délégation du Clan du Lièvre chuchoter furieusement avec les autres membres de la délégation de l’Alliance des Clans Mineurs. « Les actions que vous avez mentionnées, les crimes que vous avez décrits, » dit le juge, consterné, « vous les avez vraiment accomplis ? »
« Ceux-là et d’autres plus mauvais, » confirma le ronin.
Le tumulte était particulièrement considérable, étant donné le cadre. Beaucoup tenaient de rapides conversations derrière leurs éventails, mais le Conseiller Impérial leva la main pour réclamer le silence, et la pièce se tut soudainement. « Je trouve votre confession intéressante, » dit Susumu. « Aussi vrai que votre récit puisse être vrai, après tout. Vous êtes encore en vie. »
« Je le suis, » acquiesça le ronin, inclinant sa tête respectueusement vers le Conseiller. « Je ne peux remplir ma destinée tant que je n’ai pas apporté un présent à l’Impératrice, un présent de mon seigneur, de la part de son seigneur. Il a été enlevé du Royaume de l’Attente et amené dans le Royaume des Mortels il y a quelques années, et il est maintenant destiné à l’Enfant des Cieux. » Il sortit quelque chose de son obi et le tendit. « Ce n’est rien, d’important, je crains. Un netsuke mineur. Mais les Cieux guident le monde de l’homme à travers le règne de l’Impératrice Divine, et c’est en sa possession que cet objet, qui avait appartenu au Kami Ryoshun, doit être. Ma dame, je vous l’offre, à vous et vous seule. »
L’Impératrice ne bougea pas derrière son écran, mais la Voix s’inclina. « Si votre offre est sincère, alors l’Impératrice souhaite d’abord s’assure de sa véracité. Elle confie la garde de l’objet à nos hôtes du Clan du Scorpion jusqu’à ce que nous soyons certains de l’exactitude de vos paroles. »
« Vous êtes sages, ma dame. »
« Je suis curieux, » continua le Conseiller, « Quel est votre seigneur, ronin ? »
« L’Impératrice et ceux qui possèdent une grande connaissance le connaissent déjà, » répondit le ronin en s’inclinant.
« L’Impératrice voudrait connaître le but de votre visite à la cour, » dit la Voix. « Offrir un présent ne requiert pas de telles moyens, et la dissimulation de votre dessein n’échappe pas à sa sagesse divine. »
Le ronin inclina sa tête. « Le jour de son ascension, l’Impératrice à présenté une offre, porté par les paroles son conseiller à certains éléments de son Empire. Malheureusement, je pense que je ne remplis pas les conditions nécessaires pour obtenir le pardon de l’Impératrice, mais c’est mon souhait de lui prouver que ceux qui souffrent de ma … maladie… particulière sont capable de reconnaître leur place dans le nouvel ordre. » Il se mit à genoux. « Personne n’est irrécupérable, mon Impératrice. Le seul présent que vous pouvez offrir est le salut qui vous a été donné par les Cieux, pour le partager de façon approprié. S’il vous plaît, permettez-moi de vous prouver que je suis digne de ce cadeau. Que d’autres le sont également. »
Il y eut un long moment de silence. « Donnez votre nom, ronin, » dit le Conseiller.
« Je suis le poète Rezan, » répondit-il.
Tandis qu’il y avait eu auparavant chuchotements et conversations étouffées, il n’y avait maintenant plus que silence. L’histoire de Rezan était connue de beaucoup, et il avait disparut après la Pluie de Sang, il y a des années, présumé tombé dans l’Outremonde. Que présageait sa réapparition, se demanda Yoma.
Finalement, la Voix de l’Impératrice parla. « Si vous cherchez la rédemption, alors il n’y a qu’un seul moyen pour la trouver, Rezan. Vous comprenez cela. »
« Parfaitement, Impératrice. »
L’Impératrice s’inclina, et la Voix baissa la tête. « Dans une heure, l’Impératrice acceptera le seppuku du poète Rezan, pour l’expiation de ses crimes contre l’Empire et de sa tentation à l’attrait du Royaume du Mal. »
* * * * *
Asako Serizawa regarda à nouveau vers le nord ouest et en fronça les sourcils à la vue de la colonne de fumée. Elle était visible depuis plus d’une heure, mais il restait encore du temps avant que lui et ses suivants puissent atteindre le village. Le Phoenix ne souhaitait pas que le monde sache, pour un certain nombre de raisons, que quelqu’un avait trouvé Yobanjin Mura, un village mentionné sur un petit nombre de cartes toujours avec un nom complètement différent.
« Mon seigneur. »
Un des hommes habituellement taciturne qui l’accompagnaient presque partout où il allait fit un geste vers la route, où une personne seule marchait vers. Serizawa fronça les sourcils, puis fit un signe silencieux de la tête.
Au geste de l’inquisiteur, les deux hommes se séparèrent et prirent position de chaque côté du voyageur. La personne solitaire s’arrêté, regardant les deux hommes prudemment, mais il n’y avait eu aucune paroles échangées avec le troisième d’entre eux. Ils semblaient attendre après lui pour prendre la situation en main. « Bonjour, » dit-il finalement, tandis qu’il prenait place à une courte distance. « Je suis Serizawa, un inquisiteur de la famille Asako du Clan du Phoenix. Puis-je vous demander votre nom et la raison de votre présence ici ? »
« Seulement si je peux vous demander pour quelle raison vos hommes semblent si belliqueux, » répondit le samouraï, une femme ».
« La nature des activités dans cette région nous indiquent la probable présence de forces ennemies à l’intérieur des terres du Clan du Phoenix, » répondit Serizawa d’un ton monotone. « Mes suivants sont simplement … prudents. »
La femme sembla réfléchir à ses mots pendant un instant. « Et puis-je supposer que vos hommes muets font partie de la famille Shiba ? »
Serizawa tiqua à la question. « Vous pouvez le supposer, oui. »
La femme inclina la tête et retira prudemment un paquet de son dos, surveillant les gestes minutieux que faisaient les suivants. Elle plaça le paquet sur le sol et l’ouvrit. A l’intérieur se trouvaient quatre épées. « Elles ont appartenues aux deux magistrats du village. Je souhaite qu’elles retournent auprès de leurs familles. »
Encore une fois, Serizawa regarda la colonne de fumée. « Que s’est-il passé ? »
« J’étais dans les contreforts au sud d’ici, près de la frontière de la Plaine du Cœur du Dragon, » dit la femme « quand vos magistrats m’ont capturée et amenée au village. C’était il y a deux jours. Dans le milieu de la nuit dernière, le village a été attaqué. »
« Où en est l’attaque ? » demanda Serizawa.
« Terminée, » répondit la femme. « Il ne reste rien. Tout est brulé jusqu’au sol. Toute chose vivante a été tuée, exceptée moi. »
« Quel est votre nom ? » interrogea l’inquisiteur.
« Je suis Bayushi Iyona, magistrate du Clan du Scorpion. »
Il se pencha par-dessus son cheval. « Et comment pensez-vous avoir été épargnée, Bayushi Iyona ? »
« Je possède les capacités nécessaires pour ne pas être repérée »
« Et si je vous demande pourquoi vous voyagiez dans les contreforts ? »
« Alors laissez-moi-vous demander pourquoi les magistrats de votre clan m’ont capturée en dehors de vos frontières, » répondit-elle, « et pourquoi le village où j’ai été amené n’apparaît sur aucune carte, ni son nom à aucun endroit, et pourquoi les habitants là-bas, puissent les Fortunes voir leurs âmes sur le chemin du Royaume de l’Attente, semblaient si … exotiques. »
Les deux suivant ont regardés Serizawa avec espoir, mais il leur fit signe de s’écarter. « Très bien alors, Bayushi Iyona, » dit-il. « Peut-être pouvons nous retourner tous les deux à nos taches respectives, sans poser plus de questions. »
« Cela serait parfait, merci, » dit sèchement Iyona.
Serizawa montra les lames. « Vous avez mes remerciements. Y-a-t-il un message à transmettre ? »
« Dites aux familles que leurs compagnons sont morts vaillamment, et ils ont pris de nombreux ennemis avec eux. Et dites leurs que les hommes qui les ont tués n’ont pas survécu la nuit. J’en suis certaine. »
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Shinjo Osema passa sa main sur sa barbe courte, autrefois noire parsemée de gris mais désormais complètement grise avec des touches de noir. « Combien ? » demanda-t-il.
Le capitaine de la garde secoua la tête. « Nous ne pouvons pas savoir, mon seigneur. Les seuls groupes qui ont été vus étaient composés d’un petit nombre, mais il est impossible de savoir s’il s’agit de groupes différents ou un seul qui a été aperçu plusieurs fois. »
Osema grimaça. Sa fonction de gouverneur de Bikami s’était déroulée de façon extrêmement ordinaire depuis son arrivée il y a quelques années. A l’époque, il avait souhaité cela, s’étant habitué à la folie agitée de gouverner Ryoko Owari Toshi. Dans les années suivantes, il était venu apprécier réellement la sérénité de son poste, et il avait essayé de diriger le village d’un mieux qu’il pouvait. Ses efforts avaient été récompensés avec une grande prospérité, mais maintenant il semblait que tout pourrait être détruit. « Combien étaient-ils dans le groupe qui a assiégé le Village Lointain du Nord ? »
Le capitaine secoua à nouveau sa tête. « Je ne sais pas. Pas nombreux. Moins que ceux que nous avons vu, certainement, mais ils avaient également de grands faucons avec eux, et le Village Lointain du Nord n’était pas aussi bien défendu que Bikami. »
« Pouvons-nous supposer que ces faucons ne viendrons pas ? » demanda Osema. « Il se peut bien que les éclaireurs soient en train d’attendre sur place avant d’essayer ne mettre nos défenses à l’épreuve, après tout. »
« Je ne sais pas, gouverneur, » répondit le capitaine.
« Et si les oiseaux viennent ? » dit calmement Osema. « Comment pouvons-nous espérer nous défendre contre de telles choses ? »
Le capitaine pâlit en entendant cela. « Nous ne pouvons pas, mon seigneur. »
Osema inclina la tête. « Chaque homme et femme qui se sont entraînés à l’épée restent. Les autres s’en vont. Qu’ils prennent tout ce qu’il y a de valeur, tous les sacs de grains ou de nourriture, et qu’ils fassent routent vers l’ouest à Shiro Utaku. Les fortifications là-bas pourraient tenir face à presque tout, et ils peuvent redistribuer les récoltes si nécessaire. »
« Comme vous le souhaitez, gouverneur, » dit le capitaine. « Que fera le reste d’entre nous ? »
« Nous resteront et accompliront notre devoir de samouraï, » dit Osema. « Les ennemis du Khan ne trouveront rien de valeur ici, mais ils pourraient bien trouver la mort. »
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ludo sparrow- Emerald Champion

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Re: La Guerre du Feu Sombre, Partie 3
L’Empire était beaucoup plus petit que l’on pouvait imaginer. Un samouraï pouvait le traverser de part en part sans grande difficulté, en supposant que des papiers en règles n’étaient pas un problème, mais les cicatrices et la honte pouvaient tomber aussi facilement que si elles étaient portées par le vent. Il fut un temps, Yoritomo Chimori se demandait si ce n’était pas réellement le cas, si parfois le kami ne transportait pas avec lui les murmures et les secrets des hommes comme lui, des hommes qui avaient spectaculairement échoué dans leur vie, jusqu’aux oreilles des personnes qu’il rencontrait. Il sortit une boule de riz du sac qu’il portait sur sa hanche et la mangea distraitement, regardant l’assortiment de tentes et autres abris temporaires qui entouraient la tour de guet solitaire.
La Tour de Guet de l’Exil était bien connue dans certaines sphères. La route qu’elle surveillait était la voie allant des terres du Clan de la Licorne jusqu’aux montagnes désertes du nord, entre lesquelles il n’y avait rien d’autre que ceux qui voyageaient sur ce chemin et près des frontières de l’Empire, sur les hautes terres lointaines du Clan du Blaireau situées dans les sommets. Ceux dont la honte était profonde quittaient l’Empire le long de la route nord, et le tour de guet se hissait pour s’assurer que le plus faible et le plus déshonorable d’entre eux ne puisse tenter de revenir dans l’Empire. Chimori jeta un œil à la tente la plus près, où une jeune femme Licorne était assise misérablement, attisant distraitement son feu de camp avec un long bâton. « Pourquoi si nombreux ? »
La jeune femme le regarda, d’un air à la fois surpris et irrité. « Quoi ? » grogna-t-elle.
Chimori montra à nouveau les tentes. « Pourquoi sont-ils si nombreux ? »
La Licorne regarda vers les tentes comme si c’était la première fois qu’elle les voyait. Pendant un moment, elle était perdue dans ses pensées, puis enfin murmura. « Beaucoup ont remis en question leur valeur apportée au clan après que le Khan… après que la stratégie de Chagatai-sama ait échouée, et que le Clan du Lion viennent nous châtier, » dit-elle. « Les rangs de déshonorés au Donjon de l’Extérieur sont trop grands. Certains d’entre eux que le clan préfère oublier sont venus ici. D’autres ont été envoyés par leur famille. Et quelques uns d’entre nous sont venus de leur plein gré, pour tenter de définir nos propres destinées. »
« Oh ? Et que sera votre destinée, alors ? »
La femme fronça les sourcils. « Même si je le savais, cela ne vous concerne pas. »
Chimori réfléchissait. « D’accord, » dit-il finalement.
Elle le regardait de temps en temps, tandis qu’ils étaient assis sans un bruit. Il l’ignorait volontairement, finissant d’abord sa boule de riz et puis en allumant un feu, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus supporter le silence. « Que fait un Mante ici ? » demanda-t-elle soudainement.
« Mon nom est Yoritomo Chimori, » dit-il, la regardant avec espoir.
Encore un autre haussement de sourcil. « Mon nom est Utaku Shoyu. »
Chimori inclina la tête. « Je cherche un moyen de revivre les erreurs de ma première vie, » dit-il. « Quand j’ai entendu parler de ce lieu, je pensais qu’il pourrait peut-être m’apporter quelques idées sur les notions d’échec, de rédemption… ce genre de choses. »
« Votre … première vie ? »
« Nous avons tous plusieurs vies, » dit Chimori. « Je suis simplement un peu plus chanceux que la plupart. »
« Je vois, » dit Shoyu, clairement intrigué par l’étrange Mante.
« Je suis mort, » expliqua Chimori. « Ou je suis supposé l’avoir été. Tout le monda croyait que j’étais mort, moi compris. Mais j’ai vécu, soigné par un vieux moine sage, et j’ai beaucoup appris. Je n’étais pas un homme honorable dans ma première vie. Je n’étais pas le genre d’homme que je souhaitais. Maintenant, j’ai trouvé un moyen de devenir ce que je suis vraiment, malgré le spectre de mes erreurs passées et les tentations d’un homme baignant dans la corruption. »
« Oh, » fut tout ce que Shoyu répondit.
« Avez-vous entendu les rumeurs de ce qui s’est passé dans le nord ? »
Le changement de sujet sembla attirer son attention. « Seulement quelques bribes, » avoua-t-elle. « On dit qu’il y a eu une invasion, que les terres du Clan du Dragon ont été assiégées par une vaste armée de barbares sous le commandement d’un Sombre Oracle. »
Chimori acquiesça. « J’ai entendu la même chose. Cependant, j’ai aussi entendu parler qu’un village du Clan de la Licorne avait été attaqué. »
« Quoi ? » demanda-t-elle, en se levant. « Quel village ? Où ? »
« Le Village Lointain du Nord, je crois, » répondit-il.
Shoyu s’assit soudainement. « Ma sœur vit… vivait là-bas, » dit-elle catégoriquement.
« Beaucoup de personnes avait de la famille là-bas, j’imagine, » dit Chimori. « Beaucoup perdront leurs proches avant que cela soit fini. »
« Pensez-vous que cela sera vraiment une guerre ? » demanda Shoyu, et pour la première fois Chimori fut frappé de voir qu’elle était très jeune.
Chimori chercha des mots soigneusement, mais il n’eut pas la chance de les prononcer. Avant qu’il puisse, un gémissement étrange, sifflant se propagea dans les airs du soir, un gémissement qui semblait provenir de partout autour d’eux.
Shoyu haleta et se leva sur ses pieds. « Oh non ! »
Chimori suivit son regard et sentit son estomac se nouer. La Route de l’Exil se profilait dans les montagnes, et parcourant la route, vers l’Empire, se trouvaient une douzaine ou plus d’homme. Ils n’auraient pas été visibles dans la pénombre, si ce n’est qu’ils brûlaient. Chacun d’entre eux était drapé de flammes et courrait sans but, paniqué. Le son épouvantable qu’ils avaient entendu, le terrible gémissement qui faisait écho dans les montagnes, était le chœur de leurs cris de peine. « Prenez votre arc ! »
« Quoi ? » Elle semblait perdue, abasourdie.
« Votre arc, jeune fille ! » Rugit Chimori, indiquant les armes à côté de sa tente. « Prenez votre arc ! » Il saisit son kama et courut vers les hommes, activant ses jambes furieusement comme s’il espérait rejoindre ces hommes avant qu’ils n’atteignent la tour.
C’était un espoir futile. Le premier des hommes atteignit la base de la tour avant que Chimori aie quitté le campement. Le cri de l’homme se tut au moment où il percuta le pied du mur de pierre, et il sembla disparaître entièrement, les flammes surgissant de là où il se tenait, se déversant sur les pierres comme un liquide tombé sur un sol de bois. Contre toute attente, la pierre commença à noircir presque immédiatement. « Archers ! » cria Chimori à plein poumons. « Archers, à la tour tout de suite ! »
Chimori s’arrêta près du pied de la tour. Les autres hommes étaient encore en train de courir, mais pas aussi vite que le premier. Chimori pouvait sentir l’odeur de la chair brûlé, et une odeur étrange, salée, qui lui a fait se demander si le feu était assez chaud pour brûler la pierre. Il y eut un craquement alarmant au pied de la tour, mais il espéra qu’elle tienne debout, à moins que les autres ne l’aient frappée également. Les autres coureurs se dispersèrent dans différentes directions, la plupart vers les tentes proches, et trois autres courants vers la tour comme le premier. Les cris perçants l’empêchaient de penser. Instinctivement, Chimori leva un de ses kamas et le lança de toutes ses forces.
Il fit mouche. La lame du kama s’enfonça jusqu’à la poignée dans le front de l’homme. Le cri était terrible, et il s’arrêta net. Son corps continuait à brûler, et les flammes couraient également le long de la poignée en bois du kama. Chimori lança l’autre, touchant le deuxième homme d’un coup dans la poitrine. Malheureusement, il n’en avait que deux, il se trouvait presque désarmé tandis que le troisième lunatique enflammé se jetait sur lui. Chimori grimaça et attrapa le couteau de sa ceinture. Il n’était pas particulièrement habile avec, et avait peu de chance de le lancer précisément, mais en tout cas il ne resterait pas sans arme. Il grimaçait tandis que son adversaire approchait, la chaleur se faisant nettement sentir même à une douzaine de pied. Chimori murmura une brève prière et se prépara à se sacrifier pour sauver la tour et ceux qui étaient à l’intérieur.
Le son de flèches fut audible même à travers celui crépitant des flammes. Une, puis une autre, et enfin une troisième frappèrent l’homme brûlant, ralentissant et puis stoppant sa progression. Il s’effondra en avant, enfonçant les flèches plus profondément dans son corps, et resta immobile sur le sol, qui noircit autour de lui sous l’effet de la chaleur.
Chimori respirait en tremblant. Il pouvait entendre crier et les hurlements depuis le secteur des tentes, mais ils étaient moins nombreux qu’il s’y attendait, et il ne s’agissait pas des cris frénétiques, agonisant des hommes brûlants. Des blessés, probablement. Il y avait une lueur dans les environs, certainement des tentes en train de brûler, mais les flammes sur la tour étaient plus réduites maintenant, révélant des pierres noircies et craquelées.
Shoyu arriva en courant, arc à la main. « Vous allez bien ? »
Chimori inclina la tête, mais son esprit était ailleurs. L’Armée du Feu était plus proche qu’il ne l’avait imaginé, peut-être plus proche que personne ne l’avait imaginé. Il jeta un œil à l’un des corps, qui se consumait tout seul. « C’est une armure Rokugani, » dit-il, en indiquant l’armure de l’homme. « Cet homme était de la Licorne. »
« Aucun Licorne ne rejoindrait le Sombre Oracle, » répondit Shoyu sur la défensive.
Chimori secoua la tête. « Ce n’est pas ce que je voulais dire. On dit qu’un groupe d’exilés a quitté le nord il a une ou deux semaines ? Combien étaient-ils ? Une douzaine ? »
Shoyu secoua la tête, sans quitter les yeux du corps. « Je ne sais pas. »
« Combien sont-ils ici ? » Il montra les tentes.
« Quelques centaines. »
« Une compagnie, alors. » Chimori se frotta le menton. « Quel est la fortification la plus près ? »
« Shiro Shinjo. Mais c’est à plusieurs jours de marche, et ils doivent être occupés à renforcer des places plus importantes que celle-ci. »
Le Mante réfléchit pendant un instant. « A quelle distance est le Donjon de l’Extérieur ? »
Shoyu fronça les sourcils. « Il n’y a pas de route, mais on pourrait longer les montagnes. Quatre jours, peut-être. »
« Le délai le plus court pour que vous y allez ? »
« Trois, » répondit-elle immédiatement. « Probablement deux et demi. »
« Allez-y. Ramenez le plus d’hommes qui souhaitent venir. Je vais rassemblez les hommes ici. Nous partirons vers le nord dès que vous arriverez.
Shoyu se tourna pour allez à son cheval, mais elle s’arrêta et regarda par-dessus son épaule. « Qu’espérez-vous accomplir avec l’équivalent de peut-être une légion d’homme. »
« Rédemption, » répondit Chimori. « Quoi de plus important ? »
La Tour de Guet de l’Exil était bien connue dans certaines sphères. La route qu’elle surveillait était la voie allant des terres du Clan de la Licorne jusqu’aux montagnes désertes du nord, entre lesquelles il n’y avait rien d’autre que ceux qui voyageaient sur ce chemin et près des frontières de l’Empire, sur les hautes terres lointaines du Clan du Blaireau situées dans les sommets. Ceux dont la honte était profonde quittaient l’Empire le long de la route nord, et le tour de guet se hissait pour s’assurer que le plus faible et le plus déshonorable d’entre eux ne puisse tenter de revenir dans l’Empire. Chimori jeta un œil à la tente la plus près, où une jeune femme Licorne était assise misérablement, attisant distraitement son feu de camp avec un long bâton. « Pourquoi si nombreux ? »
La jeune femme le regarda, d’un air à la fois surpris et irrité. « Quoi ? » grogna-t-elle.
Chimori montra à nouveau les tentes. « Pourquoi sont-ils si nombreux ? »
La Licorne regarda vers les tentes comme si c’était la première fois qu’elle les voyait. Pendant un moment, elle était perdue dans ses pensées, puis enfin murmura. « Beaucoup ont remis en question leur valeur apportée au clan après que le Khan… après que la stratégie de Chagatai-sama ait échouée, et que le Clan du Lion viennent nous châtier, » dit-elle. « Les rangs de déshonorés au Donjon de l’Extérieur sont trop grands. Certains d’entre eux que le clan préfère oublier sont venus ici. D’autres ont été envoyés par leur famille. Et quelques uns d’entre nous sont venus de leur plein gré, pour tenter de définir nos propres destinées. »
« Oh ? Et que sera votre destinée, alors ? »
La femme fronça les sourcils. « Même si je le savais, cela ne vous concerne pas. »
Chimori réfléchissait. « D’accord, » dit-il finalement.
Elle le regardait de temps en temps, tandis qu’ils étaient assis sans un bruit. Il l’ignorait volontairement, finissant d’abord sa boule de riz et puis en allumant un feu, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus supporter le silence. « Que fait un Mante ici ? » demanda-t-elle soudainement.
« Mon nom est Yoritomo Chimori, » dit-il, la regardant avec espoir.
Encore un autre haussement de sourcil. « Mon nom est Utaku Shoyu. »
Chimori inclina la tête. « Je cherche un moyen de revivre les erreurs de ma première vie, » dit-il. « Quand j’ai entendu parler de ce lieu, je pensais qu’il pourrait peut-être m’apporter quelques idées sur les notions d’échec, de rédemption… ce genre de choses. »
« Votre … première vie ? »
« Nous avons tous plusieurs vies, » dit Chimori. « Je suis simplement un peu plus chanceux que la plupart. »
« Je vois, » dit Shoyu, clairement intrigué par l’étrange Mante.
« Je suis mort, » expliqua Chimori. « Ou je suis supposé l’avoir été. Tout le monda croyait que j’étais mort, moi compris. Mais j’ai vécu, soigné par un vieux moine sage, et j’ai beaucoup appris. Je n’étais pas un homme honorable dans ma première vie. Je n’étais pas le genre d’homme que je souhaitais. Maintenant, j’ai trouvé un moyen de devenir ce que je suis vraiment, malgré le spectre de mes erreurs passées et les tentations d’un homme baignant dans la corruption. »
« Oh, » fut tout ce que Shoyu répondit.
« Avez-vous entendu les rumeurs de ce qui s’est passé dans le nord ? »
Le changement de sujet sembla attirer son attention. « Seulement quelques bribes, » avoua-t-elle. « On dit qu’il y a eu une invasion, que les terres du Clan du Dragon ont été assiégées par une vaste armée de barbares sous le commandement d’un Sombre Oracle. »
Chimori acquiesça. « J’ai entendu la même chose. Cependant, j’ai aussi entendu parler qu’un village du Clan de la Licorne avait été attaqué. »
« Quoi ? » demanda-t-elle, en se levant. « Quel village ? Où ? »
« Le Village Lointain du Nord, je crois, » répondit-il.
Shoyu s’assit soudainement. « Ma sœur vit… vivait là-bas, » dit-elle catégoriquement.
« Beaucoup de personnes avait de la famille là-bas, j’imagine, » dit Chimori. « Beaucoup perdront leurs proches avant que cela soit fini. »
« Pensez-vous que cela sera vraiment une guerre ? » demanda Shoyu, et pour la première fois Chimori fut frappé de voir qu’elle était très jeune.
Chimori chercha des mots soigneusement, mais il n’eut pas la chance de les prononcer. Avant qu’il puisse, un gémissement étrange, sifflant se propagea dans les airs du soir, un gémissement qui semblait provenir de partout autour d’eux.
Shoyu haleta et se leva sur ses pieds. « Oh non ! »
Chimori suivit son regard et sentit son estomac se nouer. La Route de l’Exil se profilait dans les montagnes, et parcourant la route, vers l’Empire, se trouvaient une douzaine ou plus d’homme. Ils n’auraient pas été visibles dans la pénombre, si ce n’est qu’ils brûlaient. Chacun d’entre eux était drapé de flammes et courrait sans but, paniqué. Le son épouvantable qu’ils avaient entendu, le terrible gémissement qui faisait écho dans les montagnes, était le chœur de leurs cris de peine. « Prenez votre arc ! »
« Quoi ? » Elle semblait perdue, abasourdie.
« Votre arc, jeune fille ! » Rugit Chimori, indiquant les armes à côté de sa tente. « Prenez votre arc ! » Il saisit son kama et courut vers les hommes, activant ses jambes furieusement comme s’il espérait rejoindre ces hommes avant qu’ils n’atteignent la tour.
C’était un espoir futile. Le premier des hommes atteignit la base de la tour avant que Chimori aie quitté le campement. Le cri de l’homme se tut au moment où il percuta le pied du mur de pierre, et il sembla disparaître entièrement, les flammes surgissant de là où il se tenait, se déversant sur les pierres comme un liquide tombé sur un sol de bois. Contre toute attente, la pierre commença à noircir presque immédiatement. « Archers ! » cria Chimori à plein poumons. « Archers, à la tour tout de suite ! »
Chimori s’arrêta près du pied de la tour. Les autres hommes étaient encore en train de courir, mais pas aussi vite que le premier. Chimori pouvait sentir l’odeur de la chair brûlé, et une odeur étrange, salée, qui lui a fait se demander si le feu était assez chaud pour brûler la pierre. Il y eut un craquement alarmant au pied de la tour, mais il espéra qu’elle tienne debout, à moins que les autres ne l’aient frappée également. Les autres coureurs se dispersèrent dans différentes directions, la plupart vers les tentes proches, et trois autres courants vers la tour comme le premier. Les cris perçants l’empêchaient de penser. Instinctivement, Chimori leva un de ses kamas et le lança de toutes ses forces.
Il fit mouche. La lame du kama s’enfonça jusqu’à la poignée dans le front de l’homme. Le cri était terrible, et il s’arrêta net. Son corps continuait à brûler, et les flammes couraient également le long de la poignée en bois du kama. Chimori lança l’autre, touchant le deuxième homme d’un coup dans la poitrine. Malheureusement, il n’en avait que deux, il se trouvait presque désarmé tandis que le troisième lunatique enflammé se jetait sur lui. Chimori grimaça et attrapa le couteau de sa ceinture. Il n’était pas particulièrement habile avec, et avait peu de chance de le lancer précisément, mais en tout cas il ne resterait pas sans arme. Il grimaçait tandis que son adversaire approchait, la chaleur se faisant nettement sentir même à une douzaine de pied. Chimori murmura une brève prière et se prépara à se sacrifier pour sauver la tour et ceux qui étaient à l’intérieur.
Le son de flèches fut audible même à travers celui crépitant des flammes. Une, puis une autre, et enfin une troisième frappèrent l’homme brûlant, ralentissant et puis stoppant sa progression. Il s’effondra en avant, enfonçant les flèches plus profondément dans son corps, et resta immobile sur le sol, qui noircit autour de lui sous l’effet de la chaleur.
Chimori respirait en tremblant. Il pouvait entendre crier et les hurlements depuis le secteur des tentes, mais ils étaient moins nombreux qu’il s’y attendait, et il ne s’agissait pas des cris frénétiques, agonisant des hommes brûlants. Des blessés, probablement. Il y avait une lueur dans les environs, certainement des tentes en train de brûler, mais les flammes sur la tour étaient plus réduites maintenant, révélant des pierres noircies et craquelées.
Shoyu arriva en courant, arc à la main. « Vous allez bien ? »
Chimori inclina la tête, mais son esprit était ailleurs. L’Armée du Feu était plus proche qu’il ne l’avait imaginé, peut-être plus proche que personne ne l’avait imaginé. Il jeta un œil à l’un des corps, qui se consumait tout seul. « C’est une armure Rokugani, » dit-il, en indiquant l’armure de l’homme. « Cet homme était de la Licorne. »
« Aucun Licorne ne rejoindrait le Sombre Oracle, » répondit Shoyu sur la défensive.
Chimori secoua la tête. « Ce n’est pas ce que je voulais dire. On dit qu’un groupe d’exilés a quitté le nord il a une ou deux semaines ? Combien étaient-ils ? Une douzaine ? »
Shoyu secoua la tête, sans quitter les yeux du corps. « Je ne sais pas. »
« Combien sont-ils ici ? » Il montra les tentes.
« Quelques centaines. »
« Une compagnie, alors. » Chimori se frotta le menton. « Quel est la fortification la plus près ? »
« Shiro Shinjo. Mais c’est à plusieurs jours de marche, et ils doivent être occupés à renforcer des places plus importantes que celle-ci. »
Le Mante réfléchit pendant un instant. « A quelle distance est le Donjon de l’Extérieur ? »
Shoyu fronça les sourcils. « Il n’y a pas de route, mais on pourrait longer les montagnes. Quatre jours, peut-être. »
« Le délai le plus court pour que vous y allez ? »
« Trois, » répondit-elle immédiatement. « Probablement deux et demi. »
« Allez-y. Ramenez le plus d’hommes qui souhaitent venir. Je vais rassemblez les hommes ici. Nous partirons vers le nord dès que vous arriverez.
Shoyu se tourna pour allez à son cheval, mais elle s’arrêta et regarda par-dessus son épaule. « Qu’espérez-vous accomplir avec l’équivalent de peut-être une légion d’homme. »
« Rédemption, » répondit Chimori. « Quoi de plus important ? »
* * * * *

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Re: La Guerre du Feu Sombre, Partie 3
« J’ai été informée, » parla Yoritomo Sachina, « que les forces du Clan de la Mante en route vers les terres du Clan du Blaireau ont été autorisées à traverser les terres des Clans de la Grue, du Lion et la Licorne. Mon seigneur Yoritomo Naizen, le Fléau des Tempêtes, souhaite offrir sa gratitude et son estime aux seigneurs de ces clans et les admire pour leur dévouement sans faille à la volonté de la Divine Impératrice. »
L’assemblé de courtisans sembla acquiescer, beaucoup s’inclina vers les délégations des trois clans en question. Ide Eien et Doji Nagori sourirent tout deux et s’inclinèrent respectueusement vers Sachina, qui leur retourna le geste. La délégation du Clan du Lion était moins expressive dans sa gratitude, offrant seulement un timide sourire d’Akodo Setai et un salut rapide, peu profond, pour la Mante, avec laquelle ils avaient eu peu d’échanges depuis que la cour avait été convoquée. Depuis plus longtemps que cela, pensa Shiba Yoma. Les deux clans n’avaient partagé que de l’hostilité depuis la tentative échouée du Khan de prendre la capitale il y a quelques années, quand le Clan de la Mante avait, aux yeux du Clan du Lion, trahit le clan pour aider le Khan. Yoma dut étouffer un léger rire à la pensée qu’apparemment le Clan du Lion avait depuis pardonnée à celui de la Licorne, mais pas à celui de la Mante.
« Seigneur Naizen espère également que ces augustes clans seront aussi tolérant, » continua Sachina, « pour permettre à d’importantes quantités de provisions qu’il a envoyées de traverser l’Empire pour que nos alliés du Clan de la Licorne ne ressentent pas le poids de ces attaques si soudaines. »
« L’Impératrice est grandement ravie du geste de la Mante, » dit la Voix, « et elle espère que tous les clans prendront exemple et feront de même. Les loyaux serviteurs de l’Empire parmi les clans du nord auront besoin d’une grande aide d’ici la fin de la guerre, elle a peur. »
Ide Eien s’avança et s’inclina profondément. « Nous, le Clan de la Licorne, sommes reconnaissant d’avoir des alliés aussi loyaux et généreux que le Clan de la Mante, » dit-il simplement. « Le Khan n’oubliera pas ce geste d’amitié. » Il se tourna et s’inclina à nouveau, cette vois devant l’Impératrice et ses conseillers. « Si je puis, Divine Personne ? »
L’Impératrice inclina la tête une fois, très légèrement, derrière son écran, et Eien continua. « Ce sont des temps difficiles pour nous tous, étant donné le malheureux délai que mettent les informations à venir du front. Plusieurs fois, nous pouvons seulement spéculer sur ce qu’il se passe à présent, et les motivations de nos ennemis sont bien sûr une complète énigme, ce qui rend le déploiement de nos défenses encore plus difficile. »
« Les ennemis qui sont mal compris peuvent poser une menace significativement plus grande, » accorda Susumu. « Cependant, à quoi cela peut nous servir de connaître cette évidence, Eien-San ? »
« S’il plaît à l’Impératrice et ses conseillers, » dit Eien en faisant un geste vers la délégation du Clan de la Licorne, « Nous avons parmi nous un érudit qui serait capable de nous éclairer sur cette situation. »
L’Impératrice remua derrière son écran et s’inclina vers la Voix, qui à son tour parla au représentant de la délégation du Clan de la Licorne. « L’Impératrice est intriguée, maître Ide. Continuez s’il vous plaît. »
Eien fit un large sourire. « S’il plaît à la cour, je souhaite vous présenter l’auguste sage Iuchi Kitaro. » A l’annonce, un vieil homme ridé, vêtu de robes incroyablement élégantes, s’avança, ses mouvements secs et précis, et s’inclina. « Kitaro-sama est un maître sensei du dojo de la famille Iuchi, et il a étudié la culture et les traditions des tribus yobanjin durant sa vie. » Eien fronça les sourcils et offrit au sage un regard d’excuse. « C’est ce but qui a causé à Kitaro-sema de grandes difficultés avec des membres d’autres clans, qui n’ont pas réussi à comprendre l’objectif de telles études, malgré son aide aux Légions Impériales durant l’invasion Yobanjin sur les terres du Clan du Phoenix il y a plusieurs années. »
Kitaro inclina sa tête. « J’ai été honoré de servir, et craignait depuis plusieurs années qu’un tel évènement se déroule une nouvelle fois dans ma vie. Je regrette seulement que le règne de la Divine Impératrice doive connaître un si terrible drame. »
« Vos paroles sont appréciés, » lui assura la Voix. « Que pouvez-vous dire à la cour à propos des Yobanjin ? L’Impératrice a le sentiment que comprendre est essentiel pour l’emporter. »
Kitaro s’inclina. « La culture Yobanjin est organisée selon une structure tribale, et beaucoup de ses tribus sont vieilles de plusieurs siècles. Il est difficile d’en être certains car leur histoire se transmet essentiellement oralement par nature. La tribu la plus impliquée avec l’Empire, récemment, est celle des Fils du Vent, qui ont aidé le Clan de la Grue à retrouver le Sceau de l’Impératrice, il y a quelques années. » L’érudit de la Licorne continuait, et la majorité de la cour était clairement captivée par les informations qu’il délivrait. Shiba Yoma s’est excusé discrètement et sortit par l’arrière de la chambre. Il y avait trop de choses qui requéraient son attention plutôt que de passer du temps à écouter quelque chose qu’il connaissait plus que la plupart. Peut-être aurait-il le temps de finir les lettres qu’il avait commencé il y a deux jours.
« Shiba Yoma. C’est toujours un plaisir de vous voir. »Yoma se tourna et a hésité très légèrement avant de sourire. « Bonjour à vous, Jinn-Kuen-sama. »
Le daimyo de la famille Yasuki sourit chaudement. « J’ai été attristé d’apprendre que l’auguste Clan du Phoenix avait été victime des attaques contre l’Empire. J’ai entendu dire que le vaillant sacrifice de vos hommes avait été rapporté par un magistrat du Clan du Scorpion. »
« C’est exact, mon seigneur, » dit Yoma. « Leurs lames ont été rendues à leurs familles, avec reconnaissance. »
Jinn-Kuen inclina la tête. « Est-ce que le Clan du Phoenix sait pourquoi un magistrat du Clan du Scorpion se trouvait dans la région ? Cela semble particulier. »
« Cela est tout à fait particulier, » accorda Yoma. « Cependant, le Clan du Phoenix était satisfait de lui permettre de rejoindre sa province avec notre gratitude. La priorité est de défendre les provinces, pas de s’interroger sur les actes de ceux qui nous assistent. »
Le Crabe sourit. « Je suis heureux d’entendre cela, mon ami. Je pense qu’une telle docilité nous profitera tant que cette guerre continue. » Yoma sourit à son tour. « Je l’espère aussi. »
* * * * *
The War of Dark Fire, Part 3
By Shawn Carman
Edited by Fred Wan

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